Photographier les oiseaux du jardin

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L’hiver approche, le froid a endormi la microfaune et la lumière, de moins en moins présente, préfigure le rude passage de la mauvaise saison… La nourriture se fait rare, il est temps pour tous les naturalistes de débuter le nourrissage hivernale de nos amis à plumes !

Mésange bleue (Cyanistes caeruleus, anciennement Parus caeruleus) au 300mm depuis la fenêtre

Et c’est là l’occasion de réaliser de belles photos… Un échange gagnant-gagnant avec les oiseaux, que je vous propose de réaliser dans votre jardin ! Voici mes techniques et conseils pour réaliser vos premières photographies d’oiseaux, directement depuis vos fenêtres si votre habitat le permet.

À CONSULTER ÉGALEMENT : Pour en savoir plus sur les oiseaux

Article mis à jour le 15/12/2022

Nourrir les oiseaux : ce qu’il faut savoir

Le nourrissage hivernal des oiseaux pourrait sembler aux yeux de certains une pratique peu éthique photographiquement parlant… Pourtant, si l’attrait premier pour le naturaliste est de pouvoir observer dans d’excellentes conditions les nombreuses espèces peuplant nos jardin, il faut souligner l’intérêt que représente le nourrissage hivernal pour nos amis ailés, dans un milieu rendu peu à peu hostile par l’homme (pratiques agricoles intensives entraînant un travail de la terre toujours plus rapide et peu profitable aux oiseaux, raréfaction des haies, etc…)

Les petites espèces (mésanges, troglodytes, rouges-gorges…) sont d’autant plus sensibles au froid qu’elles peuvent perdre, en une seule nuit, jusqu’à 10% de leur poids. La proportion de leur surface corporelle ne jouant pas en leur faveur, elles se refroidissent très rapidement et doivent puiser chaque jour dans leurs réserves pour subsister… d’où la nécessité pour elles de se nourrir parfois continuellement (cas du troglodyte mignon) durant les courtes journées hivernales si elles veulent survivre !

Mésange bleue sur mangeoire

Le nourrissage des oiseaux doit cependant observer plusieurs règles essentielles :

  • Le nourrissage doit débuter aux premiers gels (couramment entre mi octobre et mi novembre, selon les régions) ; il se terminera aux prémisses du printemps, lorsque les premières plantes sauvages apporteront leurs graines.
  • Une fois que vous commencez à nourrir, vous ne devez plus vous arrêter !
  • Il doit être progressif (en début, mais surtout en fin d’hiver : vous ne devez pas stopper d’un coup sec l’approvisionnement)
  • vous devez apporter une quantité fixe de nourriture chaque jour (par exemple, en rythme de croisière, l’équivalent d’un litre de graines de tournesol et de deux boules de graisse par jour) et pas trop importante, de manière à limiter les risques de zoonoses si le nombre d’individus en profitant est très élevé (maladies comme la salmonellose ou la tuberculose, courantes chez les oiseaux)
  • Vous devez prendre en compte la protection contre les prédateurs (notamment les chats domestiques !), en évitant les endroits où ces derniers peuvent se poster à l’affût. On tâchera, en présence inévitable de prédateurs potentiels, d’assurer une hauteur d’au moins 1.50 m pour disposer les aliments.
  • Les mangeoires doivent être nettoyées régulièrement (eau chaude et savon) pour limiter les risques de maladies décrites précédemment ; elles devront si possible chaque jour être débarrassées des déjections et restes d’aliments moisis. J’utilise pour cela un goupillon pour biberon (grande taille), qui permet avec ses poils souples d’aller frotter dans les coins, voire de nettoyer les bouts de troncs du décor sans en arracher l’écorce !)
Les mangeoires doivent être nettoyées chaque semaine
Pour nettoyer les mangeoires, eau savonneuse tiède et goupillon à biberon : très efficace !

Voici quelques modèles de mangeoires que vous pouvez installer dans votre jardin : pensez à positionner des branches, stratégiquement disposées autour de ces mangeoires pour servir de support esthétique !

Quel type de nourriture donner aux oiseaux du jardin ?

Il faut savoir rester simple : des graines de tournesol conviendront à une grande partie des espèces du jardin ! On peut en trouver aisément « en gros » chez les agriculteurs locaux ou les coopératives agricoles, je les achète par sac de 40 kg auprès d’un agriculteur, qui en cultive expressément pour les amateurs comme moi (culture réalisée sans traitements chimiques…)

Graines et boules de graisses, la base de la nourriture pour les oiseaux sauvages du jardin
Tournesol, boules de graisses : la base essentielle pour nourrir les oiseaux du jardin

Il faudra aussi mettre à disposition des oiseaux des boules de graisse, que l’on pourra fabriquer soi-même (margarine + graines à oiseaux… Je préfère les acheter toutes faites, en seaux de 60 boules : relativement économique, et très pratique !)

Enfin, quelques pommes coupées en deux attireront les espèces qui en sont friandes ! Là aussi, je m’arrange avec les propriétaires du village qui possèdent des vergers non exploités, pour aller en ramasser en fin de saison.

On pourra aussi aller ramasser quelques noisettes, quelques noix et quelques glands en forêt, mais cela devient vite fastidieux (j’avoue le faire à l’occasion de balades familiales… quantité restreinte mais c’est un apport qu’apprécient par exemple les geais !) ; j’aime enfoncer ces fruits à coque dans les trous du tronc servant de support, afin de contraindre les espèces friandes à les déguster sur place.

Et l’eau dans tout ça ?

Comme tous les êtres vivants « terrestres », les oiseaux boivent. Il est donc important de mettre à leur disposition de l’eau fraîche, qui sera changée chaque jour, voire plusieurs fois par jour par temps très froid (si possible). 

Éviter absolument l’alcool, le sel ou l’antigel dans l’eau, cela pourrait leur être fatal ! Pour mettre à disposition un peu d’eau aux oiseaux, utilisez un récipient peu profond. Par temps de grand gel, on pourra y placer de l’eau chaude – mais évidemment pas bouillante – que l’on renouvellera en journée…

Préparer les mangeoires… à la photographie !

L’objet de cet article n’est pas d’expliquer comment pratiquer le nourrissage hivernal, il existe de très bons articles à ce sujet notamment sur les sites officiels de la LPO. Aussi j’irai droit au but : l’objet est de proposer aux oiseaux à la fois des mangeoires leur apportant sécurité et couvert, mais aussi permettant au naturaliste photographe des conditions idéales (ou presque) pour les photographier sans dérangement !

Bien entendu, nous éviterons de faire des photos des oiseaux sur les mangeoires ou les boules de graisses, mais bel et bien sur un élément de décor « naturel » ce qui justifie de positionner des perchoirs à proximité de la nourriture mise à disposition !

Il faut tout d’abord prendre conscience que ce que l’on photographiera ne représentera qu’une infime partie du « décor » entourant nos mangeoires (les oiseaux les fréquentant sont très souvent de petite taille !). Ainsi, il n’est pas nécessaire de construire un « studio nature », une simple branche plantée devant une fenêtre peut faire l’affaire !!! Il faudra néanmoins prévoir plusieurs « points de chute » pour les différentes espèces, un geai ou un pic épeiche ne nécessitant pas le même type de support qu’une mésange bleue !

Un élément important dans ce type de photographie consiste à créer des arrières-plans favorables aux espèces susceptibles de se présenter. Ainsi, on évitera un fond à couleur humaine ou pour le moins urbaine, et on privilégiera des couleurs naturelles, simulables par l’utilisation de matériaux naturels (ou artificiels !) dont l’aspect sera prépondérant. Un exemple valant mieux qu’un long discours, voici trois photographies destinées à illustrer l’importance des fonds !

Voici tout d’abord une photographie qui n’avait pas été prévue, le grosbec casse-noyaux étant venu sur ma mangeoire pour la première fois ce jour-là ! On remarque l’arrière-plan grisâtre (dû à la route qui jouxte mon terrain) et on devine même les lignes du grillage situé à quelques mètres derrière…

Grosbec casse-noyaux : un arrière-plan pas très joli !
Gros-bec casse-noyaux, avec un arrière-plan peu esthétique : pas terrible !

Et voici deux photographies où le fond a été « pensé » pour chaque espèce, avec la lumière qui allait bien !

Le choix des supports sera aussi prépondérant au niveau de leur taille et de leur nature (le sorbier se prête magnifiquement à la photographie d’oiseaux, par exemple !), sujet abordé ci-après plus en détail !

Pour photographier les passereaux

Les moyens à mettre en œuvre sont les plus légers, une simple branche prélevée dans la nature (merci de ne pas couper de jeunes arbres, privilégier les branches d’arbres morts… ou de votre jardin !!!) et fixée à un piquet en bois à proximité d’une mangeoire judicieusement positionnée, vous permettra de réaliser des prises de vues surprenantes 🙂 tout en pouvant varier les supports, comme cela :

La vue depuis la fenêtre
Mon « studio photo nature » depuis la fenêtre

Et voici ce que cela donne par exemple sur une mésange charbonnière :

Il faudra prendre compte de la lumière selon les créneaux horaires où vous êtes susceptibles de réaliser les clichés, de la distance de prise de vue selon vos focales, et de l’éclairage et des teintes de l’arrière-plan pour obtenir de beaux fonds esthétiques !

Moineau domestique
Moineau domestique sur fond d’automne

On peut également disposer sur les rebords de fenêtre, quelques graines de tournesol sur un bout d’écorce d’arbre mort… et réaliser les clichés avec un objectif macro : effet et grosses sensations garantis !!!

Portrait de mésange charbonnière NON RECADRÉ (150mm macro) : sensations garanties !
Portrait de mésange charbonnière NON RECADRÉ (150mm macro) !

Certaines espèces grimpeuses comme les sittelles torchepot, aux attitudes si particulières et si esthétiques, préfèreront l’écorce généreuse d’un vieux tronc d’arbre fruitier ou de chêne…

Sittelle torchepot (Sitta europaea)
Sittelle torchepot (Sitta europaea) dans sa position caractéristique

Pour photographier les pics et les geais

Ces oiseaux étant de plus grande taille… et généralement plus méfiants, il convient de construire ou choisir un arbre ou tronc de bonne taille, qui conviendra plus à leurs habitudes.

J’ai pour ma part il y a quelques années, installé devant ma fenêtre de bureau une grosse branche d’arbre mort, qui ressort du sol comme un petit arbre. Pics épeiches, pics mars et geais des chênes y viennent de manière régulière l’hiver, allant jusqu’à venir sur mes rebords de fenêtre (j’ai déjà vu un pic épeiche taper au carreau !!!) ; on pourra positionner des baies sauvages (glands, noisettes, etc…) sur ces supports en plus des graines de tournesol et boules de graisse. Là encore, le choix de l’orientation et l’esthétique de l’arrière-plan seront décisifs pour le rendu final !

Pour photographier les espèces « terrestres » (rouges-gorges, étourneaux…)

Il demeure un certain nombre d’espèces qui préfèrent aller chercher leur nourriture au sol. De manière générale, les graines tombant des mangeoires suffiront à les attirer ; il faudra néanmoins veiller à choisir un emplacement très dégagé pour éviter que ces oiseaux ne se fassent surprendre par les prédateurs en journée (chats domestiques notamment !).

On pourra aménager un affût extérieur au raz du sol pour les photographier dans les meilleures conditions (je ne suis pas allé jusqu’à creuser un affût dans le sol, mais l’idée m’en a traversé l’esprit même si cela représentait quelques difficultés) car ne l’oublions pas, l’une des règles en photographie animalière est de toujours se placer à hauteur de son sujet ! Il m’est arrivé de me poster à l’affût allongé au sol sous un filet de camouflage, mais la position devient très vite inconfortable…

Rougegorge familier dans la neige (photographié au ras du sol)
Rougegorge familier dans la neige (photographié au ras du sol)

Ainsi paré, vous allez pouvoir au bout de quelques jours d’observation, lorsque les oiseaux auront pris peu à peu leurs marques, débuter vos prises de vue !

Prise de vue et camouflage

Il est évident que l’on ne pourra pas en pratique photographier toutes les espèces peuplant son jardin, d’un seul point de vue (sauf à regrouper les points de nourrissage et à utiliser toute une panoplie d’objectifs !). Aussi il est plus sage de choisir ses sujets selon la fréquentation de ses mangeoires, pour éviter les déconvenues et la perte de temps. La solution la plus simple (et la plus efficace) consiste tout simplement à photographier les oiseaux depuis… les fenêtres de la maison ! On laissera les espèces plus difficiles faire l’objet de séances de prise de vues spécifiques.

Mésange bleue photographiée à 2.50m de distance, sans camouflage (objectif utilisé : Sigma 135-400mm à 400mm)
Mésange bleue photographiée à 2.50m de distance, sans camouflage (objectif utilisé : Sigma 135-400mm à 400mm)

Contrairement à ce que penseront certains, il ne faut pas un 500mm pour obtenir les meilleurs clichés, une disposition judicieuse des mangeoires vous permettant dans la plupart des cas de vous contenter de focales tournant entre 150 et 300mm : placer une branche à 1.5m d’une fenêtre n’effraiera pas les mésanges, chardonnerets, moineaux, pinsons, sittelles torchepot et autres verdiers, qui demeurent parmi les espèces les plus « culottées », pouvant aller jusqu’à venir sur les mangeoires en votre présence à l’extérieur (j’ai fait ainsi des photos de mésanges bleues, assis au sol non camouflé, tranquillement à 2 mètres de ma mangeoire : tout est question de patience !)

Camouflage

Comme je l’ai écrit ci-dessus, un certain nombre d’espèces non chassées et habituées à la présence humaine (mésanges, moineaux, rouge-gorge, verdiers, chardonnerets notamment) ne nécessitent dans l’absolu aucun camouflage particulier. Patience et immobilisme suffisent la plupart du temps ! Bien entendu, il est plus agréable de pouvoir attendre le bon moment tranquillement chez soi au chaud, derrière sa fenêtre.

Photographier à travers une vitre déteriore-t-il l’image ?

La réponse est oui, indéniablement, si l’on n’utilise pas des verres spéciaux. MAIS la perte reste très limitée lorsque l’on prend garde à bien rester perpendiculaire au carreau, et là même un double-vitrage demeurera invisible au final (il faudra juste rectifier le manque contraste en post-traitement induit par la présence de l’épaisseur de verre)

Au niveau du camouflage, on peut se contenter d’entrouvrir la fenêtre et de simplement laisser retomber sur les battants un simple filet de camouflage (si possible à mailles fines : éviter les filets « salade » plastifiés, qui ne permettent pas une bonne visibilité de la mangeoire).

Filet de camouflage pendu sur les battants entr'ouverts de la fenêtre
Filet de camouflage pendu sur les battants entr’ouverts de la fenêtre

Ceci permet de faire notamment des photos sur les rebords de fenêtre à des focales inavouables (voir ci-dessous, une sittelle réalisée au… 50mm macro !!!)

Portrait de sittelle torchepot réalisé au 50mm Macro (photo non recadrée !)
Portrait de sittelle torchepot réalisé au 50mm Macro (photo non recadrée !)

Astuce écologique :
Par grand froid, et pour éviter de photographier au travers des vitres de vos fenêtres qui vous feront perdre inévitablement en qualité d’image, on pourra utiliser une « fausse fenêtre » consistant en un cadre en bois de la dimension d’un battant, sur lequel on aura fixé du film plastique à bulle utilisé pour l’emballage, fendu au cutter pour laisser passer votre objectif !

Isolation du froid et discrétion garanties !!! Il convient de laisser quelques dizaines de minutes les oiseaux s’habituer à cette nouvelle « fenêtre », mais une fois l’accoutumance passée, cela permet de réaliser de bien belles photos sans faire trembler son « bilan carbone » !

Une autre technique, pour les oiseaux plus craintifs ou plus simplement pour les mangeoires plus spécifiques et donc éloignées des fenêtres, consiste à utiliser simplement une tente d’affût, ou un affût « maison » si vous vous sentez l’âme d’un bricoleur.

J’ai expérimenté les deux : j’utilise notamment une tente d’affût Décathlon, qui outre son prix très intéressant inférieur à 100€, permet de tourner sa hauteur surdimensionnée, véritable inconvénient pour les mammifères, à notre avantage puisqu’elle permet de se positionner à bonne hauteur des mangeoires !

J’ai les années passées utilisé aussi un affût « maison » avec une armature en tubes PVC et une toile achetée dans un magasin de tissus au mètre et assemblée à la main… Pas très pratique à monter / démonter, mais cela permet, au prix de quelques efforts, de bénéficier d’un affût sur mesure pour ses propres besoins !

Pour l’hiver, un affût « en dur » en panneaux de bois aggloméré traités autoclave (plus cher… mais beaucoup plus confortable et résistant !) restera la meilleure des solutions. Dans tous les cas, l’utilisation d’un affût extérieur nécessite une période d’accoutumance des oiseaux d’au minimum une journée.

Certaine espèces, fort intelligentes, m’ont notamment donné du fil à retordre !

En effet, je me suis aperçu que les pics et les geais… désertaient les mangeoires s’ils me voyaient entrer dans mon affût en journée !!! Je me suis fait avoir plusieurs fois (attente de plusieurs heures sans les voir, alors que les passereaux continuaient leur petit manège) et ai alors entrepris une expérience : les membres de ma famille se sont prêtés au jeu et j’ai demandé à l’un d’eux de venir AVEC MOI dans l’affût. Au bout de 10 minutes, il en est ressortie seul… et comme par enchantement, les oiseaux méfiants sont revenus dans les minutes qui ont suivi !!!

Conclusion : les pics et les geais ne savent pas réellement compter !

Prise de vue : matériel et réglages…

Sur ce point, je dirais que tout est possible, et dépend notamment de l’endroit d’où vous ferez les photos. Comme démontré ci-dessus, on peut parfaitement faire à main levée des photos au 50mm macro… Mais on peut aller encore plus loin si l’on s’adjoint une télécommande à distance et un grand angle !!!

De manière plus générale, un 70-200mm ou un 70-300mm permettent de combler 95% des besoins en la matière, si l’on use d’un peu d’astuces et que l’on prépare bien ses mangeoires, comme expliqué ci-dessus. Je ne rechigne pas pour autant sur les plus longues focales comme le 500mm, qui permet d’obtenir sur les grosses espèces, des arrière-plans des plus esthétiques avec une qualité de flous inégalée (ce qui n’est pas foncièrement possible avec des focales plus courtes : les lois de l’optique sont impénétrables !) : dans ce cas, il faut bien veiller à se positionner à bonne distance pour éviter les déconvenues !

Il m’est notamment arrivé de travailler au 500mm sur de petites espèces (mésanges, pinsons) et de me retrouver avec un geai des chênes qui ne « tenait pas » dans le cadre…

Geai des chênes, trop près !
Geai des chênes, trop près pour mon 500mm !

Au niveau des réglages boîtier : travaillez avec la plus grande ouverture possible garantissant un piqué optimal (à titre d’exemple sur mon 70-200/2.8 L IS USM, je ferme à f/4.0), et jouez sur les ISO pour permettre une vitesse minimale de l’ordre du 1/250ème de secondes. En deçà de cette vitesse, les oiseaux bougeant très vite et très souvent, vous serez confronté à un peu plus de déchets que si vous parvenez à assurer de hautes vitesses (l’idéal se situant au 1/1000ème…) ; en hiver il n’est pas rare de travailler à 400 ISO ou plus, mais c’est le prix à payer pour des photos nettes ! Les boîtiers actuels sont suffisamment performants pour ne plus rechigner à monter en sensibilité, comme on le faisait il y a quelques années.

Par temps de neige : pensez à surexposer lors de la prise de vue (faire des essais « à vide » en regardant l’histogramme sur votre boîtier, ce qui permettra de trouver la bonne valeur) ; tâchez d’éviter les oiseaux noirs sur fond de neige (les merles mâles par exemple). La neige peut parfois offrir de magnifiques ambiances quand elle tombe, et il peut être intéressant alors de tenter des vitesses plus basses (entre 1/15ème et 1/100ème) pour offrir à vos photos des effets de filés sur la chute des flocons (attention à déclencher judicieusement sur des oiseaux momentanément immobiles !)

Rechercher l’originalité

Rechercher l’originalité : sur les mouvements (envol notamment) il peut être intéressant pour varier les plaisirs, de tenter des poses un peu plus longues, tout comme par temps de neige. Les effets peuvent alors être très esthétiques ! Pensez à jouer avec la lumière, en alternant selon les heures de prise de vue lumière latérale et contre-jour.

De la même manière, on pourra essayer de figer les oiseaux en vol en utilisant des vitesses très élevées et en faisant une mise au point préalable à un endroit stratégique, à proximité d’une mangeoire par exemple (les rafales des boîtiers « sportifs » vous seront alors d’un grand secours !). Positionnez-vous sur trépied, et déclenchez au passage des oiseaux en gardant les deux yeux ouverts à la visée pour voir arriver nos amis à plumes avec l’œil non directeur (nécessite un peu d’habitude…)

Enfin, les plus chanceux possédant une télécommande à distance pourront s’essayer à la prise de vue au grand angle sur des points stratégiques à proximité des mangeoires (attention lors du déclenchement du boîtier : les oiseaux ont un temps de réaction tout bonnement spectaculaire, il est donc préférable d’emmitoufler son matériel avec une couverture pour en atténuer le bruit si votre boîtier ne permet pas le déclenchement sans obturateur mécanique !)

Photo réalisée avec une télécommande radio, avec moi le photographe visible à l’arrière-plan

Une fois les réglages « acquis », il est possible de réaliser de belles photos très simplement, et même de faire pratiquer les enfants ! Les résultats sont parfois surprenants.

Quelques exemples de photos d’oiseaux des jardin

Ci-après, quelques clichés réalisés avec les techniques exposées précédemment : toutes ces photos d’oiseaux des jardins ont été réalisées depuis mes fenêtres, sauf le pic mar (pris en affût sous tente)… Rien de très glorieux donc, une fois que l’on connaît les ficelles pour réaliser ce type de photographies !

Conclusion : à vous de jouer !

Comme on dit toujours, rien de vaut l’expérience ! Aussi j’espère vous avoir donné envie de vous essayer à ce type de photos, l’une des disciplines de la photographie animalière les moins « hasardeuse » car offrant généralement de bons résultats très rapidement sans trop de moyens, puisqu’un boîtier d’entrée de gamme et un zoom 300mm suffiront amplement pour de belles photos d’oiseaux du jardin.

Les techniques demeurent simples, les moyens nécessaires finalement très limités et le plaisir grandiose ! Et accessoirement, vous rendrez service aux oiseaux… Qu’ils vous le rendent est donc un petit peu normal !

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