Lorsque l’on commence à publier des images sur Internet et que l’on veut en retirer quelques revenus, il est nécessaire voire indispensable de mettre en oeuvre des mesures de protection pour éviter le pillage en règle.
Malgré tous les artifices techniques existants (utilisation du Javascript, galeries en Flash, etc.) et face à la simple copie d’écran, une seule protection demeure réellement efficace : le marquage visuel, appelé filigrane ou watermark.
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Méthodes de protection visuelle des images
Sujet déjà abordé sur ce blog, la protection des images sur le web est une question récurrente dans les forums photo, à l’heure où le nombre d’images n’a jamais été aussi élevé sur le web, et au moment où les droits d’auteur sont plus que jamais bafoués. Au-delà des artifices techniques et autres astuces de webmasters, la seule protection valable reste l’image elle-même : un marquage visuel, éventuellement accompagné de paramètres de diffusion restreignant les utilisations possibles de l’image par le pilleur potentiel (faibles dimensions, compression utilisée…)
La plus grosse problématique, finalement, pour les photographes amateurs ou professionnels, est de trouver une solution convenable, juste équilibre entre protectionnisme et lisibilité ! Car ne l’oublions pas, les images que nous diffusions sur le web sont d’abord faites pour être… regardées 😉
Il existe différentes manières de marquer une image :
- simple texte,
- logo,
- lignes ou motifs répétitifs,
…ou plusieurs de ces éléments, avec transparence, effets de bord (bordure de couleur différente de manière à réhausser le contraste), ombres portées, désaturation partielle, j’en passe et des meilleures !
La question qui se pose finalement, est donc de trouver le juste équilibre entre toutes ces solutions, et de ne pas tomber dans l’inutile… ou l’extrême !
Filigranes et banques d’images
Les plus gros utilisateurs de watermark sont sans aucun doute les agences photo et banques d’images, en tout cas celles proposant des photothèques exhaustives en ligne. De manière générale, les watermarks utilisés sont apposés de manière automatique (une évidence étant donné le volume d’images qui est géré) : petit état des lieux de quelques acteurs de cette catégorie…
Naturimages, la jeune agence de photo nature, utilise un filigrane pour le moins basique avec texte répété et décalé avec ombrage plus un bandeau sur la droite des images (rappelant en verticale le nom de l’auteur celui de l’agence : sympa !). Simple, efficace, ne gênant pas la lecture de l’image… Je ne lui reprocherai que son côté un peu inesthétique (mais un filigrane doit-il l’être forcément ?).

Photo réduite
Fotolia, tristement célèbre parmi les microstocks, utilise un marquage en 9 points full text sans aucun effet particulier, des plus inefficaces du fait de la taille du texte et de la police utilisée… Nombre d’images sont de facto retouchables et donc aisément recopiables, et ce sans possibilité de retrouver les « coupables » étant donné le mode de diffusion pour le moins opaque que prône ce genre de site ! Mais ceci est un autre débat ^_^ ; on pourra au moins dire que ce filigrane ne gêne que très peu la lecture des images… mais il n’en garantit en tout cas pas la sécurité !

Photo brute
Rapsodia, agence photo traditionnelle généraliste, utilise un large texte travaillé (qui est aussi son logo) en transparence avec effets de bord, centré sur l’image : efficace, permet la protection de la majorité des images par ailleurs diffusées dans une résolution plus importante que les autres banques d’images de ce mini-comparatif (ndlr : l’agence ne diffuse à priori que quelques reportages et non son stock total de photographies) ; seules les photographies avec des cadrages très excentrés sur de petits sujets seront caution à réflexion… Mais le principe est bon, l’origine est clairement identifiée dès le premier coup d’oeil et la lecture des images reste satisfaisante !

Photo non réduite mais recadrée
Cogis Photo, autre agence traditionnelle spécialisée dans les animaux domestiques, utilise son logo en couleurs, affiché au centre de l’image en transparence. La présence de couleurs rend impossible la suppression logicielle de ce logo, mais il faut noter qu’il ne couvrira pas forcément toutes les images, celles cadrées de manière très excentrée pouvant passer au travers de cette protection (toutefois leur nombre est extrêmement limité dans leur stock photo). On notera que les images, comme chez Rapsodia, sont diffusées en tailles respectables ce qui n’est pas un mal !

Photo non réduite mais recadrée
iStockPhoto, banque microstock américaine, protège ses créations avec un filigrane un peu plus complexe, basé sur un ensemble logo + texte accompagné de lignes diagonales, en transparence. Le principe est très bon, mais pèche sur la couleur utilisée, le blanc, qui est tout bonnement invisible sur les images réalisées en studio sur fond blanc, ou sur les sujets clairs (malgré un effet de bord peu marqué sur le texte) ! La lisibilité des images est correctement préservée (bien qu’elles ne soient pas affichées dans des formats démentiels, loin de là !)

Photo recadrée horizontalement (carrée à l’origine)
ShutterStock, autre microstock lui aussi anglosaxon, allie logo + texte + lignes diagonales avec bordures même sur les lignes, permettant sa lecture sur le blanc ; une version très similaire à la solution d’iStockPhoto, mais en plus efficace et qui garantit tout autant la lisibilité des images.

Photo brute
DreamsTime, autre banque d’image discount, joue tout sur son logo (exclusivement graphique) en position centrale apposé sur l’image – dont les dimensions sont dignes de timbres poste – ce qui permet d’en couvrir une bonne partie. Malheureusement, le choix du gris sans effet contrastant (bordure ou ombrage) le rend assez inefficace sur nombre d’images. Mais étant donné les dimensions dans lesquelles elles sont diffusées, nul doute que les voleurs ne doivent pas se bousculer (ndlr : et je ne parle pas de la qualité des images proposées…)

Photo brute (!)
Dernière banque d’image de ce mini comparatif, Snapvillage propose un watermark singulièrement différent, basé sur la répétition ordonnée de texte en transparence avec effet d’ombre, plus le texte plus opaque dans un coin. La lisibilité des images reste excellente, la protection est très bonne également ! Une version de filigrane intéressante (bien qu’à mon humble avis inadaptée à un site de photographe car un peu trop présente tout de même)

Photo brute
Chez les photographes et sites à contenu
Plus frileux à ce type de protection, les photographes et webmasters sont sensiblement moins nombreux à utiliser des filigranes pour la protection ou le marquage de leurs images. On trouve toutefois quelques utilisations surprenantes et pour le moins efficaces, ne nuisant pas (trop) à la lisibilité des images…
Portail dédié à la Provence et au Luberon, Luberon News utilise pour les clichés de sa photothèque régionale, un filigrane basé sur un cercle avec texte au centre de la photographie, plus le rappel du nom du site en bas à droite des images. Simple, efficace, ne gênant pas trop la lecture des photographies… Une solution intéressante même si personnellement le cercle me gêne un peu de part sa symétrie trop parfaite 😉

Photo redimensionnée
Autre forme de marquage fort intéressante, celle employée par Emmanuel Lattes, sympathique photographe de nature travaillant avec l’agence BIOS PHOTO, et qui a opté pour un texte déformé avec bordure du plus bel effet et quasi infalsifiable 🙂 pour ses photographies diffusées sur Flickr et Picasa.

Photo redimensionnée
Enfin, le filigrane utilisé sur Hide Photography, l’un des sites du prodige hongrois Bence Maté, est outre son originalité, très respectueux de l’image finalement, tout en y apportant une protection relative mais efficace : j’aime beaucoup ce principe de mosaïque de texte transparente au milieu !

Photo redimensionnée
Au final, quel filigrane idéal ?
Un peu d’inspiration au travers de ces quelques exemples, qui je l’espère vous auront éclairé sur différents points cruciaux du marquage par watermark des galeries photo sur le web : l’équilibre entre lisibilité des images et sécurité pour l’auteur… Piètre funambule jonglant entre désir de montrer son travail et envie de le protéger à tout prix contre celles et ceux qui n’en respectent pas l’originalité !
Finalement, le filigrane fait partie intégrante du travail de l’auteur et lui permet quand il ose, de toucher des publics inespérés (cas d’Emmanuel Lattes avec ses galeries Flickr et Picasa !) : il convient seulement de se distinguer des banques d’images qui elles, s’adressent avant tout à des professionnels et non des amateurs de belles photos !




