Protection des photos sur Internet

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Tout photographe, qu’il soit amateur ou professionnel, publiant ses photos sur Internet est un jour confronté au problème du vol de ses images, pourtant réprimé sévèrement par la loi (en France en tout cas !) Je vous propose un petit rappel des lois régissant le droit d’auteur en France histoire de se rafraîchir les neurones, puis quelques petites astuces pour assurer une protection minimale vos photographies des emprunts intempestifs dont elles peuvent faire l’objet…

En préambule : je tiens à préciser que je n’assure aucun support technique pour des raisons évidentes de disponibilité de ma part, et que toutes les informations présentées ci-dessous sont à prendre comme telles et ne sauraient engager ma responsabilité 😉 ! De plus, beaucoup sont, en 2022, parfaitement obsolètes !

À CONSULTER ÉGALEMENT : Pour en savoir plus sur la protection des photos

Le problème du web : être vu… sans être pillé !

Il nous faut d’abord comprendre ce qu’est Internet : une gigantesque « base de données » mondiale, accessible par tous, depuis tous les pays. L’intérêt d’un site web n’est pas son existence en soi, mais le fait qu’il soit visible et visité par d’autres personnes dans le monde ! Ainsi, traditionnellement un photographe (amateur ou professionnel) qui construira son site web, le fera d’abord pour montrer ses œuvres au Monde entier (avec toutes les conséquences que cela pourra amener : prises de contacts diverses, avec des passionnés, des admirateurs… voire des professionnels intéressés, qui seront les ambassadeurs d’un premier pas vers le professionnalisme : ce fut mon cas personnel en 2005 !)
Le trafic d’un site web dépend donc de divers facteurs :

  • sa popularité auprès des personnes partageant les mêmes centres d’intérêts (amènera généralement des visites « directes » si le site est mis régulièrement à jour, et des visites occasionnelles, depuis les sites web de ceux qui apprécient votre site et qui l’auront « linké » depuis le leur)
  • sa visibilité auprès des moteurs de recherche (dépendra de sa popularité, cf point précédent, mais aussi et surtout de sa mise en œuvre technique, qui fera que les pages et/ou leur contenu pourront être indexées dans les bases de données de ces moteurs de recherche !)

Par ailleurs, sur une population donnée d’internautes, il subsiste un certain nombre de personnes qui sont susceptibles de vouloir « emprunter » votre contenu (c’est-à-dire vos images) pour une utilisation privée (ce qui est autorisé par la loi française avec ce que l’on appelle la « copie privée ») voire une utilisation « publique » illicite (sur leur propre site web par exemple !) ; et c’est là que l’on obtient une équation simplissime :

Nombre de pilleurs = Nombre de visiteurs x n / 100
avec 0 < n < 100

En d’autres termes : plus vous avez de visiteurs, plus vous serez confrontés aux voleurs d’images !

Ceci pose un problème pour tous ceux qui (comme moi 😀 ) misent sur la visibilité de leur « contenu web » pour augmenter leur activité photographique à vocation professionnelle (l’impact est insoupçonné par beaucoup… Je peux dire que 50% de mon chiffre d’affaire 2007 hors revenus d’agences provient de personnes m’ayant « trouvé » sur Internet !). Être en première page de Google sur une expression donnée peut amener un potentiel de visiteurs professionnels qui vous contacteront pour un éventuel contrat ; être dans la première page de Google Images (partie du moteur dédiée aux images et aux photographies) démultipliera cette possibilité (que beaucoup de photographes sous-estiment !).

Partant de là, on applique la petite équation ci-dessus et on imagine donc la réaction en chaîne : vouloir « vendre » ses images en augmentant leur visibilité web engendre un risque proportionnel de les voir pillées et affichées sur des sites web publics sans autorisation !

Droit français et propriété intellectuelle

Il est clair que les éléments énumérés ci-après ne concernent que le droit français, et qu’un sud-africain ou un népalais qui vous emprunte une image ne sera jamais réellement menacé par nos lois (ou en tout cas très difficilement :…) Toute la difficulté est de définir les limites que l’on tolère, et qui dépendent d’ailleurs de son propre statut de photographe. Quoi qu’il en soit, amateur ou professionnel, le droit d’auteur s’applique de façon strictement identique, et DOIT être respecté par les webmasters, utilisateurs et entreprises en France, quelle que soit la « qualité » de l’oeuvre pillée (si tant est qu’elle puisse être mesurable : la beauté est là où on la trouve !)
Pour ce faire, il existe un texte : le Code de la Propriété Intellectuelle [ Référence : Legifrance ].
Si comme moi vous trouvez les textes législatifs imbuvables et pour le moins incompréhensibles, reportez-vous plus simplement aux articles suivants, qui me semblent les plus importants dans les relations qu’un photographe peut être amené à avoir avec des tiers :

  • Article. L112-2, paragraphe 9 : définit comme oeuvres de l’esprit « les oeuvres photographiques et celles réalisées à l’aide de techniques analogues à la photographie »
  • Article L121-1 : l’auteur jouit du droit au respect de son nom (en d’autres termes : votre nom DOIT OBLIGATOIREMENT être cité pour chaque apparition de vos photographies)
  • Article L121-2 : l’auteur a seul le droit de diffuser son oeuvre (ou peut l’autoriser en définissant les conditions de diffusion relatives à celle-ci)
  • Article L122-4 : l’article le plus important du chapitre II du CPI (qui définit les droits patrimoniaux), explicitant que toute reproduction totale ou partielle de l’oeuvre sans consentement de son auteur est illicite
  • Articles L335-2 et L335-3 : la conséquence pénale du non respect de l’article précédent… qui en fait un délit de contrefaçon en cas d’édition ou de reproduction autre qu’en cercle privé ou familial (peines maximales encourues : 3 ans de prison et 300 000€ d’amende)

Il en ressort que la divulgation d’une photographie sur un site internet (et donc PUBLIC) sans autorisation de son auteur, constitue pleinement un délit de contrefaçon. La théorie voudra que l’auteur ait la loi de son côté ! Or, dans les faits c’est un tout petit peu plus compliqué, dans le sens où l’avénement des sites personnels et surtout des blogs gratuits, a démultiplié le phénomène de l’emprunt illicite de photographies sur le web. Très souvent, ce sont les administrateurs qui sont contactés par les auteurs pour le préjudice constaté, et très souvent, ces administrateurs s’appuient sur la loi LEN pour défendre leur position ! Je vous laisse découvrir le texte de l’article 6 du Chapitre II (notamment le paragraphe 5) de cette loi… et imaginer toutes les difficultés qui en découlent pour les auteurs 🙁 : en d’autres termes, il nous faut PROUVER le préjudice et MONTRER (avec courrier en recommandé avec AR, généralement) que nous avons d’abord tenté un arrangement amiable avec le voleur 😐 (ce qui est rendu bien compliqué vu l’identité de la plupart des blogueurs, très souvent mineurs, et par le fait que trop de plate-formes gratuites restent hermétiques au niveau de leurs coordonnées réelles…)

Que de la joie ! C’est pour simplement éviter ce genre de situation, qu’il est indispensable (que l’on soit amateur ou professionnel, car nos droits sont les mêmes !) de mettre en place un certain nombre de mécanismes et d’astuces, pour limiter les emprunts illicites, et qui mèneront un jour ou l’autre (avec le jeu de l’image envoyée au copain qui l’envoie au copain qui l’envoie au copain qui la diffuse en Creative Commons ou autre truc « libre de droit ») à retrouver l’une de vos photos dans une édition commerciale !…

Pour ma part, je considère que le but d’un site web étant d’être vu par les moteurs de recherche pour être trouvé par les internautes, il est indispensable que les images qu’il affiche le soient aussi, et donc que l’ensemble soit « visible » par ces moteurs de recherche… au détriment de leur « sécurité » mais c’est là le prix à payer ! Le web est avant tout un partage d’information, et créer son site sans que ce dernier soit visible, revient à ne finalement rien faire 😉 et c’est le cas des galeries en technologie Flash ou AJAX (Javascript + XML). Je suis donc pour la diffusion des images dans des galeries HTML classiques, mais avec quelques éléments à revoir en terme de protection ! Voyons à présent les petites choses à prévoir lorsque l’on diffuse des photographies sur son site web…

Mesure n°1 : mieux préparer ses images pour le web

La raison du vol de photographie réside sur la qualité de ces dernières, mais aussi sur la qualité de leur présentation : en d’autres termes, plus l’utilisation qui peut en être faite (hormis la visualisation web) est vaste, plus les risques d’emprunts sont grands ! La première mesure, essentielle, à prendre est donc de limiter ces possibilités, en réduisant la taille des images diffusées, mais aussi leur qualité d’affichage (sans toutefois pénaliser l’internaute qui vient, lui, les voir sur vos galeries !)

Limiter les dimensions

Sur ce point, il n’existe malheureusement pas de règles communes : certains vous diront 900 pixels sur la dimension la plus grande, d’autres vous rétorquerons 300 pixels ! Pour ma part, j’ai coupé la poire en deux comme on dit, et j’affiche mes images en 600 pixels sur leur dimension la plus grande : un « juste milieu » qui permet de les apprécier un minimum sans trop pénaliser l’amateur de belles images… La fourchette moyenne raisonnable se situera donc entre 450 et 750 pixels sur leur plus grande dimension.

Le problème que cela pose ?… Votre visibilité… Pour le référencement naturel, une image doit idéalement faire au moins 1200 pixels sur le plus grand côté.

Et les photographies panoramiques ? De part leur aspect ratio, elles demandent des mesures spécifiques. Pour ma part, pour le moment je n’en diffuse pas (une solution consiste à les diffuser dans la largeur choisie pour ses images habituelles afin de préserver leur visibilité sur les moteurs de recherche, et de diffuser en sus une animation QuicktimeVR ou Flash (obsolètes !) pour les internautes, leur permettant de les visiter en grandes dimensions mais sans jamais les voir en intégralité)

Limiter la qualité en maîtrisant la compression JPEG

Un autre aspect souvent négligé est la qualité de l’image induite par la compression utilisée pour générer le fichier JPEG. Outre le fait qu’une faible compression engendrera une image de poids non négligeable (aspect il est vrai de moins en moins important de nos jours étant donné les débits actuels de connexion), elle représente un petit danger quant aux possibilités d’interpolation de l’image, et donc de son agrandissement potentiel via un logiciel spécialisé ! La plupart des logiciels permettent de simuler la taille des fichiers JPEG lors de l’enregistrement, ce qui permet de moduler la compression et d’ajuster au mieux la valeur choisie.

Photoshop dispose pour sa part d’un outil bien pratique : l’enregistrement pour le web. Accessible via le menu Fichier / Enregistrer pour le web, cette commande spécifique permet de sauvegarder les images aux formats usuels de l’Internet (GIF, JPEG ou PNG, au choix) tout en optimisant le poids du fichier, évidemment pour limiter le temps de chargement ! L’outil permet notamment de fixer un poids voulu pour l’image finale :

Dans la fenêtre Enregistrer pour le web, activer le menu contextuel
Dans la fenêtre « Enregistrer pour le web », activer le menu contextuel en cliquant sur le triangle puis cliquer sur « Optimiser pour la taille du fichier »

Fixer le poids maximum voulu pour le fichier, en kilo-octets
Fixer le poids maximum désiré en Kilo-octets, puis valider

Bien évidemment la structure même de l’image influera grandement sur la taille du fichier, aussi il convient d’optimiser au cas par cas ses images… dans la mesure du possible ! Les possibilités de Photoshop dans ce domaine sont immenses et pourraient faire l’objet d’un article complet, aussi je me limite au strict minimum ici.

Mesure n°2 : supprimer les facilités proposées par les navigateurs web

Les navigateurs les plus couramment utilisés (Internet et Firefox, pour ne citer que ceux que j’utilise personnellement) proposent un certain nombre de fonctionnalités destinées à la récupération des images par l’internaute : but louable s’il en est, il nous faut donc les contrer un minimum !

SPOILER : ces « techniques » sont des pis-aller, car rien n’empêchera jamais personne de repomper votre photo !!!

Empêcher le clic droit de la souris

Le fameux clic droit de la souris permet l’accès (en environnement Windows en tout cas) à un menu contextuel permettant, sur une image, de l’enregistrer sur l’ordinateur de l’internaute… C’est là l’un des biais les plus utilisés pour récupérer les images sur le web… Il nous faut donc l’empêcher ! Je sais que de nombreux internautes honnêtes utilisent souvent le clic droit pour tout autre chose (revenir sur la page précédente, bookmarquer la page en cours, ouvrir un lien dans une nouvelle fenêtre ou un nouvel onglet, etc…) mais il faut admettre que la plupart utilise cet outil pour piquer les images !

Voici donc une parade simple, utilisant un petit script Javascript qui inhibe simplement l’apparition du menu contextuel :

 <script type="text/javascript"> <!-- function clickIE4(){ if (event.button==2){ return false; } } function clickNS4(e){ if (document.layers||document.getElementById&&!document.all){ if (e.which==2||e.which==3){ return false; } } } if (document.layers){ document.captureEvents(Event.MOUSEDOWN); document.onmousedown=clickNS4; } else if (document.all&&!document.getElementById){ document.onmousedown=clickIE4; } document.oncontextmenu=new Function("return false") // --> </script>

À noter que la plupart des navigateurs actuels permettent de désactiver le javascript… et donc de parader très simplement ce subterfuge ! Les puristes me feront remarquer que désactiver le clic droit de la souris sur une page peut gêner la navigation pour certaines personnes, en y désactivant quelques facilités pratiques. La solution passe alors par un attribut à utiliser directement sur la balise image HTML, pour ne désactiver le clic droit que sur les images (attention, attribut non conforme XHTML Strict…) 😉

 <IMG src="ici/le-chemin-vers/votre-image.jpg" oncontextmenu="return false" />

Empêcher la désactivation du javascript !

Eh oui, il y a solution à tout (ou presque) ! L’astuce consiste à interdire le visionnage de la page si le javascript est désactivé : mesure radicale mais vraiment déconseillée car vous perdrez inévitablement des visiteurs… Voici le code :

<noscript> <!-- JavaScript est obligatoire, sinon: --> <meta http-equiv='Refresh' content='0; url=/error_js.html'> </noscript>

Il vous faudra créer à la racine de votre site une page nommée error_js.html, qui affichera un message à l’internaute concernant la nécessité d’activer le Javascript sur votre site… Personnellement je déconseille cette méthode quasi dictatoriale même si elle ne dérangera qu’une minorité de visiteurs !

Empêcher le glisser-déplacer des images (utilisable dans Firefox)

Cette fonctionnalité apporte à l’internaute une possibilité inattendue : il suffit de faire glisser l’image vers la barre d’adresse, pour la voir s’afficher simplement, seule et sans protection ! Pour éviter cela, une astuce basique : placer un lien sur l’image car le navigateur glissera alors ce lien en lieu et place de l’image 😉 (c’est très souvent le cas dans les scripts de galerie communs, ceci s’applique donc aux images où ce n’est pas le cas)
Si vous n’avez aucun besoin de lien (par exemple pour retourner à la galerie), placer ce que l’on appelle une ancre (lien « vide ») tout en veillant à garder une forme de curseur de souris n’induisant pas en erreur l’internaute. Exemple de code :

 <a style="text-decoration:none;cursor:default;" href="#"><IMG src="ici/le-chemin-vers/votre-image.jpg"></a>

Empêcher l’affichage de la barre d’images dans Internet Explorer (obsolète)

Cette petite barre d’image arrivée avec la version 6 du navigateur, permet à l’internaute de pouvoir, au simple passage de la souris sur celle-ci (en attendant généralement une fraction de seconde), directement sauvegarder, envoyer ou imprimer une image présente sur une page web… Si comme beaucoup de fonctionnalités proposées, celle-ci est louable, il n’empêche pas qu’elle est devenue avec le temps l’un des outils les plus pratiques pour les voleurs d’image en herbe ! À priori elle a disparu avec IE7 (en tout cas elle n’apparaît plus chez moi).

Barre d'image dans Internet Explorer

Il existe une astuce extrêmement simple pour empêcher son apparition dans le navigateur Microsoft : une simple balise META, à disposer dans la balise HEAD (avec les autres balises META généralement présentes) de votre page HTML 😉

<META HTTP-EQUIV="imagetoolbar" CONTENT="no">

Et empêcher la copie d’écran ?…

Il existe une technique basée sur le fonctionnement même de la copie d’écran, qui je le rappelle « photographie » ce qui passe sur votre écran et le place (au format bitmap) dans le presse-papier de votre système d’exploitation, permettant de récupérer l’image ensuite dans un logiciel par un simple « coller ». Cette technique consiste, avec un petit code Javascript, à vider le presse-papier par exemple toutes les demi-secondes, de manière à ce que ce dernier ne puisse jamais « contenir » ce qui est affiché dans le navigateur !

Je n’ai personnellement jamais réussi à faire fonctionner convenablement ce type de script, et je ne le diffuserai pas ici pour une simple raison : l’internaute doit être en droit de travailler sur plusieurs applications simultanément, et ce vidage intempestif et masqué de son presse-papier est susceptible d’occasionner un dysfonctionnement majeur de son ordinateur : imaginez, vous êtes dans Word, vous coupez (pour le recoller ailleurs) un long paragraphe que vous avez mis 30 minutes à rédiger, et pffffuit ! Le navigateur qui tournait en tâche de fond vous fait tout disparaître !!! Pas très sympa 🙁

Mesure n°3 : protéger les répertoires contenant vos images

Là encore, il ne s’agit pas réellement d’une astuce, mais de bon sens : un répertoire ne contenant pas de fichier « index » (page chargée par défaut sur votre serveur web lorsqu’elle est présente dans un répertoire) et qui est accédé via le navigateur, offrira à l’internaute la vision de son contenu à la manière d’un explorateur de fichiers ! Un simple clic sur les fichiers y figurant permettra de les afficher le cas échéant (cas des images) et donc de les sauvegarder très librement.

L’astuce (qui n’en est pas une) consiste donc à simplement placer dans TOUS les répertoires aisément identifiables de votre site un petit fichier index.htm (ou index.php, index.asp, index.aspx, etc… ceci dépendant de votre serveur web) redirigeant vers votre page d’accueil ! Voici un exemple de code pour ce type de page « bidon » mais nécessaire pour masquer le contenu de vos répertoires :

<html> <head> <title>ICI LE NOM DE VOTRE SITE</title> <meta name="Robots" content="nofollow,noindex"> <meta http-equiv="Content-Type" content="text/html; charset=iso-8859-1"> </head> <SCRIPT LANGUAGE="JavaScript"> function AttendrePuisAller(delai) {   // Déclenche le timer à la fin du chargement de la page (delai est en demi-secondes)   setTimeout("window.location='https://www.votresite.com'",delai*500); } </SCRIPT> <body bgcolor="#FFFFFF" onLoad="AttendrePuisAller(1);"> <p>R&eacute;pertoire non autoris&eacute; !</p> </body> </html>

Il suffit d’y remplacer le titre (entre les balises TITLE sur la 3ème ligne) et l’adresse de votre site web à la 10ème ligne 😉 ; je ne rentre pas dans le détail du reste, mais la redirection est faite après une demi-seconde, et une balise permet d’éviter que cette page inutile soit indexée par les moteurs de recherche le cas échéant…

Un hotlink se traduit littéralement par « lien à chaud ». Sans le savoir peut-être, vous utilisez certainement très souvent cette technique lorsque vous diffusez vos photographies sur les forums (par exemple) ne permettant pas d’enregistrer des images dans les messages. Le hotlink se caractérise par une balise HTML IMG pointant vers une image qui n’est pas sur le serveur hébergeant la page web affichée.

Petit exemple pratique : vous diffusez une image nommée image1.jpg et hébergée sur votre serveur à l’adresse suivante : https://www.votreserveur.com/images/image1.jpg ; un internaute désire l’afficher sur son propre site, mais sans copier votre image. Il lui suffit donc de saisir la balise HTML suivante dans le code de sa page :

<IMG src="https://www.votreserveur.com/images/image1.jpg">

Tout simplement ! Le résultat ? Votre image s’affichera sur son site, qui plus est en utilisant VOTRE bande passante puisqu’elle restera hébergée sur VOTRE serveur ! Et la conséquence de cela ne s’arrête pas là : si le site de l’emprunteur est bien référencé, il y a toutes les chances que Google Images affiche VOTRE image mais pointe sur SA page, vous « volant » le lien si chèrement acquis, et donc vous volant votre popularité !!!

Un peu de technique…

Il existe heureusement une parade pour rendre la tâche des « hotlinkeurs » difficile… Je me limiterai à ce que je connais, c’est-à-dire le mécanisme utilisable sur un serveur Apache (qui héberge la grande majorité des sites sur le web et est utilisé par 99% des hébergeurs gratuits et payants « grand public »). Le principe repose sur l’utilisation d’un petit fichier de configuration nommé htaccess, que l’on place dans les répertoires d’un site web pour en définir certains comportements, au niveau du serveur, notamment en matière de sécurité et de gestion d’erreur.

Ce petit fichier permet par exemple de définir les pages qui seront affichées en cas d’erreur (page manquante, etc…), de définir des redirections temporaires ou permanentes (en cas de changement du nom d’une page par exemple) ou encore de définir des conditions sous lesquelles on « réécrit » à la volée le nom des ressources envoyées par le serveur (ces ressources sont des fichiers : pages web, images, etc…) Et c’est cette fonctionnalité que nous allons utiliser, puisqu’il est évidemment possible de savoir d’où vient la « demande » et de définir ce que l’on va renvoyer en guise de réponse, selon l’origine du demandeur (fichier original, fichier modifié, autre fichier, ou… rien du tout !)

Script .htaccess de base

Il s’agit de distinguer simplement les sites « autorisés » des sites « non autorisés », et de rebalancer à ces derniers une image bidon (histoire de les em…bêter un peu, je leur renvoie généralement un fichier de forte dimensions, par exemple 1024×768 pixels, stipulant que l’image a été utilisée sans autorisation (info diffusée en français et en anglais et très visible, évidemment…) ; sans entrer dans les détails, ce fichier .htaccess doit être placé dans le répertoire contenant vos fichiers JPEG, et il faut mettre en ligne quelque part sur votre site l’image bidon qui sera renvoyée aux sites déloyaux (au format GIF).

 Options +FollowSymlinks RewriteEngine on # Gestion des hotlinks d'images # Ici on renvoie une image bidon au format GIF RewriteCond %{HTTP_REFERER} ^https://[a-z0-9]*\.blogger\.com [NC,OR] RewriteCond %{HTTP_REFERER} ^https://[a-z0-9]*\.oldiblog\.com [NC,OR] RewriteCond %{HTTP_REFERER} ^https://[a-z0-9]*\.free\.fr [NC,OR] RewriteCond %{HTTP_REFERER} ^https://[a-z0-9]*\.doctissimo\.fr [NC] RewriteRule .*\.(jpg)$ https://www.votre-site.com/chemin/photo-bidon.gif [NC,R,L]

Très simplement : dans l’exemple ci-dessus, le script gère toutes les demandes de fichiers JPEG de votre répertoire pour ce qui vient des sites spécifiés (y compris leurs sous-domaines, par exemple toto.free.fr) et leur renvoie l’image bidon « photo-bidon.gif » en lieu et place ! Notez que pour interdire un site www.truc.fr ou machin.truc.fr, il vous faudra saisir très précisément

RewriteCond %{HTTP_REFERER} ^https://[a-z0-9]*\.truc\.fr [NC,OR]

La clause « NC » en fin de ligne signifie « No Case-sensitive », c’est-à-dire sans distinctions majuscules/minuscules, et « OR » signifie « ou » et permet de cumuler des conditions successives (les lignes commençant par « RewriteCond » désignent les conditions d’exécution de la règle, qui elle débute par « RewriteRule ») ; notez que la dernière ligne de condition se termine logiquement par la seule clause « NC » 😉

Comment retrouver ses images hotlinkées ?…

L’astuce la plus « courante » consiste à utiliser Google Images (ou un autre moteur de recherche spécialisé dans les images) en recherchant la clause site:www.votre-site.com : ceci va ramener toutes les images indexées (il est possible qu’il n’y en ait aucune, d’où la limite de cet outil !) qui sont hébergées sur www.votre-site.com quel qu’en soit le répertoire ou sous-répertoire, et… quel qu’en soit le site qui l’affiche ! Une simple recherche visuelle permet de rapidement dénicher les sites qui « empruntent » vos images…

C’est ma méthode, il en existe d’autres infaillibles et axées sur une technique dont vous pouvez voir les prémisses ici, et qui consiste au niveau du htaccess, à exécuter à chaque demande d’image un script qui va inscrire dans un fichier l’origine du demandeur, et ainsi permettre par simple listage de ce fichier, de le connaître et de lui renvoyer selon cas, soit l’image, soit une image bidon (dans l’exemple cité en lien, le script renvoie l’image affublée d’un marquage en règle 😉 ce qui est une moindre mesure)

Un outil qui n’existent malheureusement plus : Visohotlink

Pour aller encore plus loin, on pourrait imaginer une interface web d’administration permettant de finement gérer les images hotlinkées et décider en temps réel ce que l’on renverra au site « coupable » (tout en établissant des statistiques fines sur les images concernées !) ; cet outil existait, il s’appellait Visohotlink et était gratuit… et français ! Mais malheureusement il a été abandonné.

Mesure n°5 : marquer visuellement ses images sans les dénaturer

La mesure sans doute la plus efficace (et aussi la moins populaire) consiste au marquage visuel des images : la signature ! Transparente ou opaque, voyante ou discrète, simple ou multiple, c’est le moyen le plus simple et le plus efficace pour protéger ses images et dissuader une très grande partie des pilleurs (moyen d’ailleurs massivement employé par la majorité des agences photo et autres photothèques en ligne…) ; dans l’absolu, cela pourrait d’ailleurs constituer la seule protection à mettre en œuvre sur une galerie photo 😉

Au niveau du texte à afficher, j’ai tendance à conseiller de placer simplement l’adresse de votre site web, pour la simple et bonne raison qu’il demeurera universellement compréhensible et le cas échéant, engendrera peut-être quelques visites inopinées ici où là ! Voici donc deux types de protections que j’utilise, avec des exemples de scripts Photoshop pour automatiser le processus (rébarbatif j’en conviens !) :

Filigrane de base

La signature en filigrane consiste à apposer sur chaque image (généralement à un endroit fixe, par commodité au niveau de l’automatisation dans la préparation des images mais aussi dans un soucis d’homogénéité dans la présentation de ces dernières dans les galeries web) un texte ou un logo, qui apparaîtra avec une opacité limitée, laissant transparaître l’image par transparence.

Oie cendrée
Oie cendrée au petit matin – Le filigrane, simple, empêche la copie car difficilement retirable
Poster d'Irish Cob dans Cheval Magazine juillet 2008, via l’agence BIOS PHOTO
Ma photo la plus volée sur le web…

Si sur le premier exemple, le filigrane (somme toute assez discret malgré sa taille) rendra la tâche difficile au voleur, sur le second exemple, un simple recadrage ou un coup de tampon en aura raison… Mais il faut parfois faire la part des choses entre protection et respect de l’internaute ! Pour info, l’exemple 2 est l’une de mes images les plus « volée » sur le web…

Filigrane composé

Le filigrane composé consiste à répéter plusieurs fois sur l’image plusieurs symboles ou textes (différents ou non d’ailleurs) de manière à couvrir chaque zone de l’image en préservant dans la mesure du possible sa « lisibilité ». Généralement réservé aux photothèques commerciales et autres agences photographiques, il pourra parfois s’avérer utile sur des images rares et donc susceptibles d’être empruntées de manière récurrente… Je le préconise à base de texte de petite taille et en transparence pour permettre la meilleure lisibilité possible de l’image, tout en limitant les possibilités de retouche pour le faire sauter 😉

Un petit script Photoshop pour vous aider

Je ne pouvais vous laisser sans quelques petites choses prêtes à l’emploi (ou presque !), aussi je vous propose un petit article pour protéger vos photos via Photoshop que vous pouvez charger et personnaliser assez simplement en les faisant « réenregistrer » (voir menu de la fenêtre Scripts) ; seules les zones de texte (saisie et mise en forme libre du calque de texte) sont à personnaliser, pour le reste validez les fenêtres de dialogue en suivant 😉

Mesure n°6 : afficher des mentions légales sur votre site web

Il m’est arrivé plusieurs fois de me voir rétorquer que mon site web n’affichait aucun texte stipulant que mes images n’étaient pas « libres de droit » (cette notion n’existant d’ailleurs pas dans le droit français, bref). L’adage « Nul n’est censé ignorer la loi » n’a pas vraiment cours sur le web français, et je conseille donc à tous les photographes, amateurs ou professionnels, d’indiquer CLAIREMENT sur leur site web une référence, même brève, stipulant que leurs images ne sont pas libres de droit et régies au droit français et au Code de la Propriété Intellectuelle 😉

Ce billet est déjà assez long, je vous renvoie donc au bas de cette page pour visiter mes « mentions légales » pour plus d’informations quant à ce que l’on peut faire en la matière, et à une page affichant l’une de mes photographies (en cliquant sur les vignettes en haut à droite de cette page dans la sidebar) pour voir ce que j’affiche sous chacune de mes photographies, pour que les choses soient bien claires !

Conclusion : pas de recette miracle ?…

À l’heure actuelle, il n’existe aucune solution technique garantissant la sauvegarde absolue des images diffusées sur Internet, et encore moins pour une visibilité se voulant « commerciale » (donc diffusée au plus grand nombre par le jeu d’un référencement permanent et suivi dans les moteurs de recherche). Quel artifice technique pourrait résister à une simple copie d’écran, hormis la signature systématique et bien visible des images ? Quelle garantie a-t-on qu’un filigrane, si compliqué soit-il, préserve une photographie du piratage, à l’heure où les logiciels photo proposent des facilités pour reconstituer les bribes « polluées » par des éléments gênants ?

La réponse est évidemment négative ! Ceux et celles qui offrent à la vision du monde leurs œuvres photographiques (et plus généralement graphiques), peuvent néanmoins limiter grandement le phénomène de vol, en adoptant les dispositions suivantes :

  1. SIGNER les images visuellement
  2. INDIQUER qu’elles ne sont pas libres de droit
  3. NE JAMAIS LAISSER PASSER un emprunt illicite, toujours demander une compensation (le minimum ? Lien vers votre site + présence de votre nom !)

Je laisse à la discrétion de chacun de mettre en place d’autres mécanismes de protection, mais ils s’avèreront de toute façon toujours inefficaces pour les plus malins des voleurs… À bon entendeur !

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