Quand un magazine comme Géo, connu et reconnu pour la qualité de son iconographie depuis sa naissance voici 30 ans désormais, se met à « inviter » les amateurs à leur céder tous leurs droits sur leurs photographies… au détriment de ceux qui en vivent ! Un phénomène de plus en plus courant et qui gagne donc les titres emblématiques de la presse magazine 🙁

Au moment où de plus en plus de petits magazines recourent aux microstocks pour trouver de l’image à bas prix, à l’heure où le prix de la photo se voit réduit à peau de chagrin, menant de nombreux photographes à des situations difficiles, comment ne pas réagir face aux gros groupes d’édition qui eux aussi, se mettent à scier la branche de l’image qui a fait leur renommée depuis tant d’années ?
À CONSULTER ÉGALEMENT : Pour en savoir plus sur les concours et festivals…
Comme d’autres de mes confrères, je vous invite à lire ci-dessous, le coup de gueule envoyé par Jean-François Leroy, l’animateur de Visa Pour l’Image Perpignan :
« Amitiés à tous. Prisma Presse cherche à tuer le photoreportage avec son site GEO.fr ! Il faut bien lire les conditions d’utilisation du site. Les bons amateurs seront ravis et flattés de mettre leurs photos sur le site de Géo et au vu de l’article 6 – 4 PRISMA pourra faire ce qu’il veut avec les photos.
Non seulement, ils seront privés de tous droits sur leurs images mais en plus à terme Prisma Presse pourra se passer des professionnels dans de très nombreux cas, c’est encore mieux que les photos libres de droits. C’est une honte, c’est intolérable ! Il faut absolument faire quelque chose et ne pas laisser passer cela. Merci de faire suivre à tous les photographes que vous connaissez (…)
Conditions d’usage de GEO.fr [ à lire ici ] :
6 – 4 En transmettant des photographies dans la rubrique Communauté Photo, vous autorisez à titre gracieux leur utilisation par le Groupe : Sur le Site, sur l’ensemble des sites édités par le Groupe et sur l’ensemble de ses sites partenaires, sous les formes suivantes :
– Publication simple dans l’espace réservé à l’envoi de photographies,
– Publication en tant qu’illustration d’un article sur un sujet associé,
– Publication en tant qu’illustration d’une destination,
– Publication en tant que reportage photo avec ajout de commentaires rédigés par un membre de l’équipe web du Site avec ou sans la collaboration du photographe,
– Insertion en tant qu’illustration dans des reportages vidéo produits par le Site,
– Publication en tant que vidéo après montage,
– Publication en tant que fond d’écran téléchargeable par les internautes,
– Publication en tant qu’économiseur d’écran téléchargeable,
– Publication en tant que carte de vœux ou carte postale électroniques téléchargeables par les internautes. Ces cartes pourront être envoyées par mail,
– Publication dans le cadre d’une campagne de promotion du Site,
– Publication dans un format vignette (avec ou sans recadrage) dans le but de faire un appel vers un article, un dossier, une dest ou quelque contenu que souhaite promouvoir le Groupe. Dans ce cas exceptionnellement, en raison du manque de place, le Groupe s’autorisera à ne pas mentionner le copyright sous réserve qu’il soit accessible à un autre endroit du Site.Dans des ouvrages édités ou coédités par le Groupe, sous quelques formes éditoriales que ce soit, à savoir notamment l’édition ordinaire, de luxe (a tirage limité ou non), de demi-luxe, reliée, illustrée, en clubs, critique, sous forme de fascicule ou dans une anthologie. Ces ouvrages pourront être vendus dans tous les circuits de distribution existants, au choix du Groupe »
(…)
En clair, toute image balancée sur leur site pourra se retrouver sur à peu près n’importe quel support non pas du magazine Géo, mais du groupe de presse et de ses partenaires ! Voilà qui signe quelque part l’arrêt de l’excellence d’un magazine dont le succès fut bâti sur l’image de qualité…
Tout ça pour dire que le recours à de telles clauses (abusives) se généralise un peu partout – il suffit d’aller faire un tour sur d’autres sites de magazines connus comme Terre Sauvage, notamment le réglement de leur fameux concours photo annuel – et de plus en plus de sites « communautaires » majeurs sur le web usent et abusent de l’illisibilité de leurs CGU pour se gaver et se couvrir sur le dos des internautes (pas toujours de la manière la plus habile d’ailleurs !) : STOP à ces pratiques douteuses !
J’ai rêvé il n’y a pas si longtemps d’une parution dans le magazine Géo, et j’avais même durement travaillé sur un reportage en ce sens… Je me demande aujourd’hui vraiment pourquoi 🙁 ; quoi qu’il en soit, ma récente adhésion à l’UPC et à la SAIF ne font que conforter mon désir de me battre contre celles et ceux qui bafouent un peu plus les droits des photographes que nous sommes, amateurs ou professionnels !
BONNE NOUVELLE : Quelques heures seulement après « notre » intervention, la rédaction de Géo réagit et revoit en partie les coupables clauses… Je ne comprends par contre pas trop la réaction en ce qui concerne les photographes publiés et ceux qui ne le sont pas. Que l’on soient bien d’accord : une parution se mérite, point barre. Ce n’était pas l’objet de ce billet et il n’est pas frustrant de ne pas être publié dans l’un des plus beaux magazines français, c’est la règle du jeu et seuls les meilleurs le sont 😉



