[Photo nature] Affûts payants : mensonges et vérités !

18/02/2011 52 commentaires par Cédric G. +

Il est des jours où je suis las de lire encore et encore les débats sans fin sur les affûts payants sur quelque forum photo, connu ou pas, fréquenté ou non. Y circulent des idées fausses, des croyances et des légendes urbaines qui me rendent finalement bien triste : et si la photographie de nature devenait peu à peu une secte, une confrérie où l’argent et surtout la notion de plaisir étaient tabou ?

J’ai hésité à me « griller » définitivement de quelques forums en intitulant cet article « Affûts payants : le bal des faux-culs » mais je ne le ferai pas (ah zut : je l’ai écrit ! Au moins vous savez ce que j’en pense ! Bref :D )

Aux origines…

Lorsque j’ai débuté en photographie de nature, la notion d’affût payant n’existait pour ainsi dire pas, ou se limitait (en France en tout cas) à ce que l’on appelle « les parcs animaliers » (qui sont quelque part des affûts payants, lorsque les animaux qui y sont visibles, à l’image de Pont-de-Gau en Camargue, sont des spécimens sauvages qui vont et viennent librement !) ; les « vrais » photographes (sic) se refusaient à utiliser ce genre de stratagème pour faire leurs photos, tandis que les professionnels le faisaient sous couvert (et à raison : il faut bien vivre !)

Il existait même (et ils existent encore !) des parcs animaliers gratuits, mais où les animaux sont en captivité ou en semi-liberté : à l’image du célèbre parc du Bayerischer Wald !

Internet aidant, et les revenus des photographes professionnels baissant (on remerciera au passage les microstocks), sont apparus au fil des années des stages photo nature, puis des séjours photo nature un peu partout en Europe, pour finalement arriver à un nouveau phénomène : les affûts payants !

Le concept est très simple : le photographe paye son séjour (nourri / logé / blanchi), et peut accéder librement à un certain nombre d’affûts mis à disposition. Les premiers à proposer ce genre de trip furent les finlandais (affûts aux ours notamment), suivis rapidement des norvégiens, puis les espagnols et les hongrois…

Très vite, deux phénomènes se sont alors produits, liés à un facteur malgré tout ce que l’on puisse dire, prépondérant en photographie en général, et en photographie nature en particulier : l’argent !

  • Une nouvelle génération de photographes est apparue : fortunés, pressés, ils ont mis les moyens que d’autres n’avaient pas pour très vite (trop vite ?) arriver à réaliser des photographies coûte que coûte, « comme les grands de la photographie de nature » ; ce phénomène existe dans bien des domaines, et n’est pas prêt de s’arrêter !
  • Les anciens ont vite vu dans les affûts payants, une « monétisation malsaine de la nature » : des débutants arrivaient en quelques jours, à réaliser les photographies qu’eux mettaient des mois (voire des années) à réaliser !

Les affûts payants : question d’argent ?

Finalement, on en revient encore et toujours à l’argent. Et s’il y a une chose qui ne choque pas celles et ceux qui voient le mal dans les affûts payants, c’est bien de « travailler » avec des boîtiers à 3000€ (ou plus) et des téléobjectifs à 6000, 7000 voire 8000€ (alors que d’autres font « presque » les mêmes photos avec des matériels bien plus modestes !)

Nul comparaison non plus avec le fait de pouvoir voyager, partir plusieurs semaines dans un pays lointain et faire son petit voyage personnel, là où d’autres n’ont d’autres choix que… de rester chez eux !

Au final, l’argument « pognon » est non recevable, eu égard au budget conséquent que tout photographe animalier est en mesure de mettre sur la table pour pratiquer sa passion, chacun à son niveau : ce n’est qu’une question de priorités.

D’ailleurs, la notion de « payant » est relative, car dans la plupart des cas, ces affûts (en tout cas une très grande majorité) sont proposés avec gîte, nourriture et services : on peut parfaitement imaginer qu’un séjour « sans affût » dans des conditions identiques soit d’un coût similaire !

Affût payant et éthique photographique

Un autre angle d’attaque porte sur l’éthique photographique soi disant peu reluisante de celles et ceux qui pratiquent les affûts payants.

Je pense pour ma part (même si je n’ai pratiqué à ce jour que les affûts hongrois, qui sont au passage victimes d’une animosité sans égal – et peu compréhensible – de la part de leurs détracteurs) que seuls celles et ceux qui n’ont pas vécu un séjour en conditions réelles se permettent de juger faussement les gens qui vivent des affûts payants.

S’il est bien un objectif majeur dans les affûts payants, c’est la quiétude des animaux et l’assurance que les pratiquants auront un impact des plus limités sur l’environnement naturel dans lequel ils évoluent !

En outre, les personnes que j’ai personnellement côtoyé sont toutes, sans exception, des naturalistes hors pairs et de fins connaisseurs de la nature et des animaux (ce qui est TRÈS LOIN d’être le cas chez la majorité des photographes, moi le premier !)

Pour en avoir discuté également avec des habitués des affûts payants, l’éthique tient une place prépondérante dans la pratique même de la photographie : il ne me viendrait pas à l’idée d’utiliser la repasse pour faire des photos d’oiseaux par exemple, car je sais que je ne maîtrise pas cette technique, ni les risques potentiellement encourus pas les oiseaux qui seraient attirés par les bandes sonores inadéquates.

Et bien pour la plupart des pratiquants de photo nature en affût payant, on retrouve plus ou moins le même phénomène : en l’absence d’expérience, il est préférable de passer par un « professionnel » pour l’approche des animaux. Deux avantages à cela : le premier, apprendre ces techniques (on apprend énormément lorsque l’on se rend dans des affûts payants), et le second, avoir la capacité de se concentrer sur la technique photographique !

Au final, les questions d’éthique sont à mon sens de fausses questions, car le photographe éthique « jusqu’au-boutiste » n’utilisera alors ni appâts (donc pas de mangeoires !), ni repasse, ni aucune autre technique destinée à tromper l’animal ! Que l’on soient bien clairs, cela concerne AUSSI la notion de… photo au nid (ben oui !) : du fait, toute photo de guêpier d’Europe est à bannir désormais des concours, puisque 99% des photos de cet oiseau coloré sont faites à moins de 5 mètres des nids (idem pour les huppes fasciées de manière générale, pour les rolliers, parfois les martins pêcheurs, et bien d’autres espèces encore !)

Vous n’êtes pas d’accord ? Alors vous n’êtes pas « totalement » éthiques ! Car la notion même d’éthique n’a de limites que celles que l’on veut bien lui donner. Plus sérieusement : la seule éthique que se doit d’avoir un photographe de nature, c’est d’être honnête avec soi-même et avec les autres, et de limiter le dérangement des animaux : POINT BARRE !

D’où les deux règles essentielles et immuables de la photo nature :

  1. Ne JAMAIS faire une photographie qui mettra un animal en danger ou en difficulté, ou le dérangera de manière importante
  2. Toujours indiquer dans quelles conditions particulières sont réalisées les photographies

Sur ce dernier point, je soulignerai que l’honnêteté intellectuelle est une notion qui n’effleure pas le moins du monde certains photographes, quant aux modalités de réalisation de leurs photographies. Aussi je trouve important, ce serait-ce que par respect pour celles et ceux qui admirent les photographies des autres, de leur signaler quand les photographies sont réalisées en captivité (le sigle <c> est couramment utilisé pour indiquer les photos réalisées en captivité, par exemple)

J’ai toujours trouvé intéressant de connaître également les conditions de réalisation des photographies, et j’apprécie plus que tout celles et ceux qui partagent leurs techniques, à l’image de Jean-Jacques et ses mangeoires qui m’a fortement inspiré pour réaliser, avec mon ami Cris, celles qui nous servent actuellement d’affût (gratuit !) : je m’efforce, depuis des années, à partager mes idées, mais j’apprécie et j’utilise aussi celles des autres !

Questions / réponses sur les affûts payants

Parce ce que ces croyances reviennent que trop souvent dans les échanges sur les forums et dans la vie du photographe, voici quelques (contre) vérités :

« Les affûts payants, c’est de la photo facile »
Il est clair que dormir 3 à 4 heures / nuit, passer des journées enfermé dans une cahute de 3m² sans bouger et gérer des lumières nécessitant l’utilisation de matériel professionnel (téléobjectifs lumineux + sensibilités élevées) relève de la plus grande facilité, et que tout débutant arrivera SANS PROBLÈME à réaliser des images ! Oui, des images… Mais des photos : c’est à voir :)

« Tu n’as aucun mérite à faire ces photos »
Oui, c’est vrai, ce n’est pas moi qui ai appuyé sur le déclencheur, qui ai réglé mon boîtier, mon trépied, mon télé, et qui ai attendu la bonne lumière avec la bonne attitude pour faire la photo ! Plus sérieusement : être à l’affût, payant ou pas, ne fait pas la photo : c’est le photographe et sa sensibilité propre qui font les photographies.

Tes photos, tu les as « achetées » finalement !
Ahhhhh non monsieur ! J’ai acheté un SÉJOUR photographique, avec la bouffe, l’hébergement, parfois même les services (lavage du linge, connexion internet, transport, etc.) ; et si par le plus pur des hasards, le séjour devenait gratuit, est-ce que cela changerait l’intérêt des photographies ?…

Ta photo, t’aurais du dire qu’elle était faite en affût payant : là, elle n’a plus beaucoup d’intérêt !
Et bien moi à partir de maintenant, toutes les photos faites avec les télés Canon Série L, j’en veux plus : j’ai pas les moyens, j’ai qu’un vieux Sigma ! Comment ça c’est pas pareil ?… Plus sérieusement : qu’est-ce que ça change à la photo ? Et si je l’avais faite dans un affût GRATUIT, mis à disposition par un ami ? Aurais-je eu plus de mérite ?…

Enfin bref : les remarques à deux francs six sous que l’on lit ici ou là sur les forums (ndlr : je précise que ce n’est plus mon cas, dans la mesure où j’en suis venu à ne plus montrer – quasiment – mes photographies, qu’elles soient ou non faites en Hongrie ou ailleurs…) ont de quoi énerver, voire vexer celles et ceux qui se sont donnés les moyens d’aller plus loin dans leur passion.

Pour conclure sur les affûts payants

Je terminerai ce billet quelque peu acide et « coup de gueule » (pas vraiment dans mes habitudes) par une note positive : ce que m’apporte personnellement de pratiquer une fois par an, les affûts payants (et notamment ceux de Bence Maté).

En premier lieu, une semaine où je déconnecte totalement avec ma vie « normale » : imaginez passer une semaine complète sans penser une seconde à votre boulot, sans avoir une once de stress, sans devoir prendre votre voiture, répondre au téléphone, perdre votre temps dans vos déplacements, subir la pollution de la ville…

En second lieu, l’occasion de se retrouver entre photographes, avec des pratiquants (très) expérimentés, naturalistes hors pairs, qui vont vous apprendre énormément, bien plus en une petite semaine, que tout ce que vous auriez pu apprendre en une année chez vous ! Une semaine à « parler photo », « penser photo », « vivre photo » : le pied total ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, on apprend énormément de choses à voir, pratiquer et observer avec d’autres photographes, d’autres techniques de terrain.

En dernier lieu, s’adonner à sa passion et PRENDRE DU PLAISIR.

Pour moi, la photographie c’est d’abord et surtout du plaisir : quand il n’y aura plus ce moment de bonheur lié à l’acte photographique et sa conséquence, l’image, alors peut-être faudra-t-il penser à passer à autre chose… Mais ce n’est pas prêt d’arriver :)

ET VOUS, QUEL EST VOTRE AVIS SUR LA QUESTION ?


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L'auteur : Cédric G.

Auteur photographe animalier, informaticien et passionné d'animaux et de nature. Administrateur du blog Aube Nature

52 réponses sur [Photo nature] Affûts payants : mensonges et vérités !

  1. Guillaume a écrit

    Dans la partie sur la photo facile, t’as fait le même oubli que moi : mentionner les MOOOOOOOOUSTIKOS !!!

    • Cédric G. a écrit

      Arf, c’est vrai : j’ai omis de parler des vuvuzelas hongrois…. Ces p… de moustiques !!!

      (obligé de dormir avec un filet de camouflage sur la tronche pour limiter les piqûres !)

  2. pyrros a écrit

    On sent la colère dans ton message, je pense que certains ont du te titiller un peu fort…

    Sur les affuts je n’ai pas d’avis tranché… Mais en photo en générale et particulièrement en animalier je me pose souvent la questions des moyens mis en œuvre et du jusqu’où aller (quelles limites)…

    Je pense souvent a cette vidéo de nourrissage de l’harfang des neiges qui est à mon avis une bêtise sans nom de la part de photographes très amateurs et inexpérimentés. Les erreurs commises pourraient être évitées si un encadrement de qualité est présent et ne recherche pas la quantité mais bien la qualité.

    Clic la Chouette in La semaine verte sur Radio Canada Télévision

    • Cédric G. a écrit

      Ahhh la fameuse vidéo sur les chouettes harfang :)

      Ça casse un mythe ! Mais il est important que les débutants, et ceux qui rêvent de ce genre de photo, savent comment sont faites une partie de ces merveilleux clichés…

      C’est un peu comme la photo d’oiseau au jardin : finalement combien de photographes planquent dans un affût précaire pour photographier les mésanges ? Moi je n’en connais pas (enfin si : je l’ai fait, à mes débuts ! Mais j’ai vite compris que c’était plus facile de les faire venir là où je voulais, sur les branches que je voulais !!!)

  3. Borax a écrit

    Bonsoir,

    on trouve les mêmes raccourcis simplistes à propos de l’utilisation du PC dans la photo numérique. « Ta photo, elle est belle, mais c’est de la retouche. Ca passe par Photoshop… c’est pas vraiment de la photo quoi ». Autrement dit une photo de vacances, mal cadrée et cramée passe pour certains avoir plus de mérite qu’un cliché léché, travaillé, peaufiné…

    Dans le cas des affuts payants, je pense parfois qu’il y a de la part de certains une rancœur genre « Je me suis cassé le Q tout seul, des heures, dans ma forêt. Pourquoi ces p’tits c.o.n.s. ils viendrait faire des photos tout compris façons tour operator, en abri aménagé, avec 100 espèces différentes sous les yeux quand mois je devais leur courir après. » Et cette justification après coup « Moi j’ai de l’éthique et les autres y vont à la facilité, donc de façon critiquable ».

    De toutes façons, pour certains, ce sera toujours « C’était mieux avant… ».

    • Cédric G. a écrit

      Je plussoies sur tout ce que tu dis !

      Pour moi la seule « limite » c’est l’honnêteté du photographe. Si demain j’utilise des poissons vivants pour faire du martin-pêcheur, et bien je le dirai.

      (mais bon je le ferai pas lol)

      Parce que Guillaume peut témoigner : sur les forums, si PAR MALHEUR on montre une photo faite chez Bence Maté et que l’on ne l’indique pas, c’est volée de bois vert assurée.

      Étrangement, si ce sont des ours de Finlande, ça passe beaucoup mieux (si j’ose dire…) ; il faut dire aussi que certains détracteurs des affûts payants… en ont utilisé dans le passé (la Ferme aux grues au Der EST un affût payant, quoi qu’on dise !!!)

      • Alain Balthazard a écrit

        Pas tout à fait d’accord avec toi Cédric sur la ferme. Elle n’a pas été conçu pour les photographes et si ils n’étaient pas là il y aurait tout de même des nourrissages… Les photographes ne font que profiter de l’opportunité. Bon tu me diras au final ça revient au même on est d’accord mais il y a quand même une petite nuance… Mais tu connais mon avis sur la question, chacun procède comme bon lui semble à condition que ce soit fait dans le respect de la nature, ce qui est le cas apparemment chez Bence ou ailleurs pour ceux qui sont connus et reconnus. Après celui qui est jaloux des photos, rien ne l’empêche d’aller se rendre compte sur place et de faire pareil si ça lui convient au final… ;-)
        Ah! si l’humain n’avait pas d’égo ce serait plus simple et plus sain…

        • Cédric G. a écrit

          Salut Alain

          C’est pas faux concernant la ferme aux grues :) (disons que c’est une « contribution » du photographe à aider les grues : un juste retour des choses !)

          Et si finalement, comme tu dis, tout était question d’égo ?…

          ;)

  4. pixphoto a écrit

    JE SUIS DE TOUT COEUR AVEC TOI .

  5. Véro a écrit

    Et si on faisait nos photos comme on peut ou comme on veut, et si on n’allait jamais sur les forums, et si on arrêtait de se justifier, et si on ne tenait pas compte de la course au matériel ou au fric, et si on prenait juste du plaisir pour nous même !

    Bref, et si on devenait malheureusement totalement égoïstes ?

    « La photographie est une brève complicité entre la prévoyance et le hasard ». (John Stuart Mill)

    Phrase qui résume tout, payer ou non, prévoir ou non, attendre ou tout simplement croiser le sujet, lumière ou pas, en fait le seul reproche que l’on peut nous faire est de vouloir partager notre plaisir du moment choisi en montrant nos images.

    Et personne ne nous en lassera …

  6. Cris a écrit

    Débat complexe,
    il est vrai que pour certains, la pratique de la photo en affuts payant pourrais apparaitre sur la forme comme une solution de « facilité » pour les photographes « aisé ».
    Mais sur le fond, quelle est la différence entre un affut payant et celui que beaucoup d’entre nous installe au coin d’un bois au pied d’une mangeoire ?

    Un affut reste dans un premier temps un lieu ou l’ont peu observer des espèces, comme dans un zoo ou parc animalier, à la différence prêt qu’en affut les sujets sont libre de leurs faits et gestes.

    A méditer . . . .

  7. seb a écrit

    Pour ma part je ne dirait qu’une seule chose, les détracteurs de ce genre de pratiques n’ont pour la plus grande majorité (voir tous) jamais fait ce genre de voyage. du coup pour moi, leur venimeuse parole ne me touche pas puisqu’il parle sans savoir et se fondent uniquement sur leur préjugés. malheureusement l’humain est ainsi et cela s’est vérifie tout au long de notre histoire, et des guerres que cela à provoquer et provoque encore d’ailleur!!

  8. Fred a écrit

    Un bel Article, j’ai tout lu …. et je suis bien entendu d’accord avec toi ….

    Me concernant et tu le sais, je ne posterai plus d’image prise chez Bence sur « certains » forum…

    C’est quand même dommage que pour quelques « individus » il faut en arriver là … parce que malgré tout, finalement, il n’y a que entre 2 et 5 % de « râleurs » sur les forums … mais ce sont EUX qui y mettent une ambiance désagréable… c’est triste … mais franchement, je n’ai pas besoin des forums pour me faire plaisir ….

    Comme tu le dis … en Hongrie, on déconnecte du boulot et autres petits soucis de la vie … On apprend énormément, car on est entouré de naturaliste et Ornitho hors pair … et SURTOUT on passe du temps avec des amis appréciés …

    Maintenant, j’ai énormément de respect pour le photographe qui à comme concept, de pratiquer la photo seul dans son affût personnel et qui attend parfois des mois pour réaliser son cliché … c’est une autre façon de faire …

  9. Darth a écrit

    En premier lieu, merci d’avoir cité mon article, cela me touche beaucoup.

    Ensuite, tu sais bien que je partage ta position et tes conclusion sur les affût payant.

    Ça fait bien longtemps que je ne traine plus sur les forums « nature » qui malheureusement comporte une dose d’imbéciles qui pourrisse gravement l’ambiance.

    Comme dit plus haut, c’est dommage que pour quelques trublions certains forums aient de telles réputations!

  10. Scapulaire23 a écrit

    C’est parce que vous n’allez pas sur les bons forums, mais je peux vous indiquer une bonne adresse. lol

    Pour ma part, bien qu’un peu éloigné du sujet puisque je n’ai jamais utilisé ce genre d’affût (encore que je suis allé une fois faire un tour au parc du Teich en Gironde), je pense que le problème vient plutôt du fait que certaines personnes ont quelque part honte ou peur de dire dans quelles conditions les photos ont été faites.
    Soit par peur de réactions négatives de la part de gens élitistes et fermés (un peu le cas de Cédric je pense) soit parce qu’eux-même sont peut-être pas aussi fier que ça de leurs photos réalisées dans ces conditions.
    Il faudrait que les photographes n’hésites pas plus que ça à expliquer un peu les conditions de prises de vue parce que parler d’un sujet de façon saine ça enlève tout une part de réticence et suspicion je pense.
    Après affût payant ou pas, je dirais que tant qu’il n’y a pas de dérangement ou de manquement à une certaine éthique, alors pas de problème selon moi.
    Mais bon après peut-être que ça tuerait la magie de certaines photos dans l’imaginaire des gens aussi. Les photographes sont un peu des magiciens qui doivent garder leur petits secrets, même si parfois il n’y a rien de bien sorcier que ce soit dans le cas d’un affût payant, gratuit, mobile ou en dur voire pas d’affût du tout. ;)

  11. Auxois Nature a écrit

    Bonjour
    Article super intéressant et les commentaires le sont tout autant !
    Très honnêtement j’ai souvent entendu parler de ces affuts payants mais je n’avais pas particulièrement d’avis : maintenant j’y vois plus clair.
    A propos du terme même d’affut payant ne devrait on pas plutôt parler d’affut conçu par des professionnels mis a la disposition de passionnés ( amateur ou pro ) moyennant finance ? Ah non c’est bien trop mais c’est plus juste ! Je pense qu’en fait c’est chacun son métier : les naturalistes fabriquent des affuts dans les règles de l’art et les photographes font les photos ( je sais les photographes animaliers doivent aussi être naturaliste mais pas de métier !).
    Sinon dans l’énumération des critiques faites par les détracteurs des affuts payants il ne me semble pas que tu ais parler de l’homogénéisation des photos faites dans ces affuts : je veux dire que est-ce que les photos de Cédric Girard seront vraiment différentes de celles prises par Cris dans le même affut et au même moment ? C’est vrai que les réglages des boitiers seront différents que le cadrage sera différent aussi mais l’angle de vue sera le même ( il me semble, je n’en ai jamais fait) et puis surtout le fond sera identique, bref est-ce que les réglages du boitier et la sensibilité suffisent a faire vraiment des photos différentes d’un photographe a un autre utilisant le même affut?

    • Guillaume a écrit

      Pour avoir affuté avec Cédric, je peux te confirmer que les images ne sont pas les mêmes à 20 cm l’un de l’autre. J’ai en tête une image de rapace que j’ai eu la chance d’avoir pile dans l’axe alors que les autres avaient un léger décalage. Ça change pas mal le rendu !

      Autre point, la sensibilité du photographe : on ne fera jamais les mêmes images car on recherche tous quelque-chose qui nous est personnel. Je peux vouloir prendre un oiseau en vol alors que le photographe d’à côté souhaite l’avoir à l’atterrissage sur le perchoir ou autre situation :)

      Et enfin, le talent du photographe. J’ai bien essayé d’avoir une huppe en vol pdt des heures sans succès alors qu’un autre photographe français l’a très bien réalisée !

      • Régis M. a écrit

        Salut Guillaume et merci pour ta réponse !
        C’est très clair.

      • Cédric G. a écrit

        Merci Guillaume d’avoir anticipé ma réponse :)

        Effectivement, j’ai pratiqué ce genre d’affût (et d’autres, parfois même gratuits : si si ;) ) à plusieurs et rarement, des photos strictement identiques en sont ressorties.

        Cela arrive, bien évidemment, et certaines scènes sont plus ou moins formatées (lumière, décor), mais c’est aussi pour cela qu’il faut savoir se renouveler.

        Je suis allé trois fois en Hongrie, je n’ai jamais ramené les mêmes photos : à méditer !

  12. Freg a écrit

    Merci.
    Le plaisir et le partage.
    Je découvre la notion d’affût et des séjours dédiés. Les mauvais coucheurs, malheureusement sont pléthores. Il ya bien longtemps que je préfère les faucons aux vrais.

  13. Julien Dorol a écrit

    Je ne reviendrais pas sur la valeur des photos faites en affût payant ou non, ton argumentation, bien que totalement subjective, me semble tout à fait consistante.

    Il y a un point qui me fait un peu réagir, quand tu dis :

    « S’il est bien un objectif majeur dans les affûts payants, c’est la quiétude des animaux et l’assurance que les pratiquants auront un impact des plus limités sur l’environnement naturel dans lequel ils évoluent ! »

    Je trouve un peu usant ce discours empreint de cette pseudo éthique écologique qui prône « la muséification » de la nature. Je ne parle pas vraiment de toi, mais de tous les moudjahidines de la sainte guerre pour la protection de l’environnement. Et permet moi de douter que ces parcs ne dérivent pas vers une toute autre optique.

    Je prends pour exemple le cas de la nouvelle-zélande où j’ai vécu un an : C’est un pays à l’environnement incroyable, extrêmement riche tant au niveau de la faune, de la flore, ou de sa géologie.

    Le gouvernement à bien compris les atout de son pays, et du coup à mis en place tout un ensemble de « Great Walk », qui sont en fait des randonnées avec tout un tas de structures pour encadrer le randonneur.

    Donc en gros, tu ne peux dormir que dans des refuges payants (chers) ou bien sur les airs de camping prévus, et en plus, il faut réserver à l’avance sa nuit, sans possibilité de décaler. Il est donc interdit, sur ces Great Walk de dormir autre par que dans les endroits prévus et imposés. Tout ça sous couvert de protection de la nature et gnagnagna…

    Et là ou la moutarde me monte au nez, c’est quand on y regarde de plus près, et qu’on découvre que le DOC (Departement Of Conservation) est une grosse machine à fric, et qu’il n’hésite pas à sacrifier des zones protégées, raser des arbres et des pan de montagne pour y monter des refuges de luxe « tous services compris », c’est à dire avec internet, l’électricité, des écran géants avec rétroprojecteurs pour que les gonzes puissent voir leur photo le soir, le tout construit à grand renfort d’hélico…

    Donc là où je veux en venir, c’est que même si ces parcs partent d’un bon sentiment, j’ai quand même l’impression que la majorité des clients risquent de passer à côté des vrais enjeux, et se limitent à cette natures de luxe, où on peut envoyer ces tofs du jours sur FaceBook.

    Et enfin, je ne croit pas à la bonne volonté des éco-business man, ou du moins je ne pense pas qu’elle puisse faire long feu face aux profits.

    Voilà, encore une fois, je ne pratique pas la photo animalière, je ne connaissait même pas cette histoire d’affût ou de mangeoire, etc. Je ne critique pas ces affût qu’il soient payants ou pas, mais je suis un peu las des promesses éthiquo-écologiques qui consiste à dire qu’il vaut mieux aller dans des espaces encadrés, et qui finissent toujours par des dérives…

    Bon, j’espère que je ne suis pas hors sujet…

    ;-)

    Ju

    • Cédric G. a écrit

      Bonsoir Julien

      Merci pour ta réaction, tout-à-fait justifiée et qui effectivement, permet de se rendre compte qu’il existe de tout, partout…

      Tu sais, il ne suffit pas d’aller en Nouvelle-Zélande pour voir des parcs naturels s’orienter vers le tourisme à outrance : c’est un peu (j’en ai peur) la voie que prend « mon » Parc Naturel de la Forêt d’Orient…

      Des projets de complexes touristiques ont vu le jour, des sentiers comme tu dis très cadrés, tout juste s’ils ne sont pas bétonnés, et tout cela… passant à terme DANS la réserve naturelle (mais pas le droit de sortir des chemins !)

      Enfin bref : du grand n’importe quoi !

      Dans certains pays de l’est également, les affûts payants sont paraît-il gérés de manière très… spéciale (en clair, les mecs qui vous emmènent sont parfois des chasseurs : vous photographiez l’ours, puis une fois que vous avez fini, ils le descendent)

      Le cas Bence Maté est différent, dans la mesure où dans sa région il est le seul à faire cela, sous « surveillance » des rangers qui gèrent le parc naturel national (il doit régulièrement rendre compte de sa présence à certains endroits précis, et participe également à la surveillance de la faune, comme le font les bénévoles de la LPO chez nous) ; les moyens mis en œuvre restent modestes, même s’il a désormais un train de vie élevée pour la Hongrie.

      L’eau reste puisée dans le sol (non potable), l’internet et le téléphone passent par les ondes.

  14. Raphael Zerr (Hellbor) a écrit

    Je me demande maintenant si je vais avoir du mérite à la fin de l’année quand je serais au Japon avec un guide photographe… Franchement, je vais payer pour me faire guider dans des endroits où aucun touriste moyen n’ira sans doute jamais… C’est tricher ?
    Quelle co**erie…

  15. Photonum a écrit

    En résumé vivre sa passion selon ses moyens dans les meilleures conditions possibles et dans le respect totale « des photographiés ». Les explications des prises de vue sont un plus énorme pour mieux comprendre l’apprentissage de cette belle passion qu’est la photo animalière. Merci pour le partage Cédric.
    Patrice.

  16. Raf a écrit

    Ce débat traitant (entre autres) de la complexité de voir certaines espèces, me rappel des vacances passées dans les Pyrénées où j’avais pu voir profusion d’animaux rares à observer, dans des comportements incroyables ; ce alors que je ne faisais pas encore de photo. A l’époque, j’attirais les bestioles me disait-on. Aujourd’hui, habillé de vert avec un objectif en pogne, je fais fuir les bestioles comme tout le monde…

    (Fin de parenthèse, pour décontracter l’ambiance.)

    Nombre de propos sont bien défendus ici. J’ai également entendu de vive voix des paroles cures de photographes de métier à propos d’autres photographes (auteurs ou pro) comme Cédric mais aussi Vincent Munier et autres J’ai été très surpris de la dureté des affirmations et sentais comme une certaine rancœur, à moins que ce ne soit de la jalousie…
    Mais à qui s’adressent les images prises par chacun et dans quel but ? Il me semble une fois encore, que les regards moins critiques proviennent de ceux qui ont le plus pratiqué la photo (pour ne pas dire galérer) et ont les connaissances naturalistes nécessaires à cette pratique.
    Pour moi le problème est simple : On cherche à montrer des comportement authentiques dans une ambiance naturelle. Un affût qu’il soit payant ou non, peut permettre ces choses. On n’a jamais contraint l’animal à y venir après tout. Certains sont totalement naturels comme le parc du Marquenterre, où l’on en nourrit pas les oiseaux, d’autres non. Après tout dépend le type d’image que l’on cherche. L’essentiel est que l’on dérange l’animal le moins possible ; pour ça, certains affût le font très bien. Ce n’est pas parce qu’il y a de mauvaises pratiques quelque-part qu’il faut généraliser.
    Sinon, l’honnêteté du photographe est importante : expliquer les conditions de la prises d’image quand on lui demande. D’ailleurs, il faut que je pense à ajouter ce fameux sigle sur mes propres pages. En effet, ne l’ayant vu que chez Céric, je pensais que l’invention était de lui… :p

    • Cédric G. a écrit

      Merci pour ton intervention Raf.

      Concernant le petit sigle , le premier que j’ai vu l’utiliser était Vincent Munier, sur son ancien site (sur son nouveau il n’y a plus de photos d’animaux en captivité, ce qui explique qu’il n’y a plus ce sigle :) )

      Pour ma part je n’ai jamais rien reproché à personne, mais je trouve que certaines vérités sont parfois bonnes à dire (et notamment l’histoire de certaines photos « connues »…)

      • Julien Dorol a écrit

        Tiens d’aileurs, il bosse comment Vincent? Il utilise des affûts payant?

        • Cédric G. a écrit

          Non car il bosse comme il a envie (c’est un des rares à pouvoir le faire :) )

          Mais dans le passé il a fait à ses débuts pros des photos en parc (je pense au Bayerischerwald ; je me souviens de photos de lynx sur son ancien site, qui étaient marquées )

  17. Stef a écrit

    Je n’ai pas assez d’expérience dans le domaine, Ce qui m’embête peut être le plus à mon niveau ce n’est pas l’affût payant (de plus comme tu le disais partager des bons moments, partager des savoirs au niveau photo et ce que l’on photographie tout en respectant la nature est très enrichissant). Mais c’est plutôt nourrir les animaux à mauvais escient pour les photographier !

    Actuellement je photographie des oiseaux dans mon jardin, grâce à la mangeoire et parce que nous sommes en hiver et donc en période de nourrissage. Cela ne me viendrai pas à l’idée de les nourrir pour les photographier en été !

    En tout cas j’apprécie beaucoup tes photos et j’adhère complètement pour les 2 règles essentielles.

    http://www.nouveau-regard.eu

  18. Stef a écrit

    Je n’ai pas assez d’expérience dans le domaine, Ce qui m’embête peut être le plus à mon niveau ce n’est pas l’affût payant (de plus comme tu le disais partager des bons moments, partager des savoirs au niveau photo et ce que l’on photographie tout en respectant la nature est très enrichissant). Mais c’est plutôt nourrir les animaux à mauvais escient pour les photographier !
    Actuellement je photographie des oiseaux dans mon jardin, grâce à la mangeoire et parce que nous sommes en hiver et donc en période de nourrissage. Cela ne me viendrai pas à l’idée de les nourrir pour les photographier en été !
    En tout cas j’apprécie beaucoup tes photos et j’adhère complètement pour les 2 règles essentielles.

    • Sebastien a écrit

      euuhhh sauf erreur de ma part, il me semble bien que les affuts de Bence ne nourrissent pas mais leur mettent uniquement de l’eau à dispositions! mais Cédric est plus à même de répondre à cela puisqu’il y a déjà été.

      • Cédric G. a écrit

        Effectivement Sébastien

        Il n’y a pas de nourrissage chez Bence, SAUF à deux exceptions :
        - sur les affûts hivernaux aux rapaces (je n’y suis jamais allé en hiver, mais bon, ça tout le monde le fait, qu’on soient bien clairs)
        - sur les affûts aux hérons ; ce n’est pas systématique, mais j’ai déjà vu Bence ramener du poisson et le déverser devant l’affût (il a sa propre pisciculture)

        Le tout est une question d’honnêteté : ce sont les deux seuls et exclusifs cas de nourrissage. Sinon pour TOUS les autres affûts, il n’y a strictement aucun nourrissage.

        Les mares forestières ne sont que des plans d’eau, certes aménagés pour la photo, mais les oiseaux et autres animaux y viennent librement, et sont à mon humble avis, bien contents de trouver de l’eau à ces endroits :)

      • Cédric G. a écrit

        En ce qui concerne les affûts à hérons, il faut savoir que de NOMBREUX photographes animaliers (notamment des pros très connus spécialistes des oiseaux) le font à longueur d’année…

        Perso je ne le ferais personnellement pas.

  19. Borax a écrit

    Comme tu les dis le problème n’est au fond pas le caractère payant de l’affut, mais ce qu’il y a réellement sur le terrain. Je serais curieux de savoir si les affuts payants suscitent les mêmes débats à l’étranger (Europe et reste du monde). Les photographes « nature » ne sont pas que français.

    Pour moi il s’agit avant tout d’un problème moral, qui se cache derrière des arguments nature. Le fond du problème étant pour certains la relation à l’argent. Un affut fait maison a t-il la même valeur qu’un affut acheté (en fait loué). Acheté comme on achète une TV, un micro onde, une voiture… société de consommation. Et vous voilà associé au dernier beauf qui s’achète la dernière TV 3D avant le mondial de foot (mille pardons pour les beaufs ;-) ). Parce que l’on est photographe et que certains « pros » ont l’impression qu’on leur vole leur gagne pain. Raccourci bien facile, et franchement détestable.

    T’inquietes, Julien Dorol. Bientôt en France aussi on y viendra: des zones touristiques (dans le pire sens du terme) pour le commun des mortels où le pire sera autorisé et même vendu. Et les zones réservées à la Nature, interdites à quiconque, sauf à la poignée d’élus badgés qui savent la défendre. Toi aussi achète ta carte pour rentrer dans la s…te.
    Et là pour expliquer aux électeurs que la nature doit être protégée et respecté quand ils ne la verront plus que comme un grand parc d’attraction. Bon courage !

  20. Borax a écrit

    suffit de voire les textes encadrant la photo dans le parc de la Vanoise… bien décevant tout ça !

  21. Chris a écrit

    Oh le gros pavé dans la mare!!! Comme Darth, j’ai cessé de fréquenté les forums nature. On y trouve un manque d’honnêteté et un manque d’envie de partage flagrant. A croire, comme tu le soulignes que le photographe fais parti d’une caste privé dans laquelle il est difficile de se glisser. Pour en revenir aux affuts payants, tu as oublié de citer le Parc dut Teich, ben oui, on paie pour rentrer et profiter des abris!!! Et que je sache, on trouve énormément de photos faites dans ce parc sur les forums. Comment ca c’est pas un affut payant!!! Enfin bref, je crois que tu finis par une note bien positive. L’intérêt principal est ce ne pas déranger l’animal qu’il soit à plumes, poils ou écailles, et qu’importe si un amateur (comme moi) puisse arriver à faire une belle image que d’autres auront mis des mois à faire… Le plaisir doit être avant tout pour le photographe!
    Malheureusement, l’argent vient encore une fois tout pourrir! Évidemment, je comprends le point de vue des pros, qui mettent des mois à obtenir des clichés, comme Christophe Sidamon-Pesson percher au dessus de ces trichodromes!! Mais enfin, l’amateur n’aura jamais l’oeil du pro!!!
    Voilà c’était ma petite contribution ;-) Merci d’avoir lancé ce débat!

    • Cédric G. a écrit

      Merci Chris pour ton passage :)

      Pour en avoir discuté avec Christophe Sidamon-Pesson l’an passé à Montier, le sujet des affûts payants est quelque chose d’assez « sensible » chez les professionnels…

      Je comprends d’ailleurs parfaitement des pros comme lui ou comme Florent Cardinaux (ce que j’appelle affectueusement les « hommes de bois » – statut que je jalouse secrètement mais que ma vie actuelle ne me permet pas malheureusement) voient d’un très mauvais oeil ce genre de pratique.

      Autant ils réalisent la plupart du temps des photographies qu’aucun affût payant ne permet à l’heure actuelle de réaliser, et je pense sincèrement que c’est pas demain la veille que ça arrivera ! Et c’est par cela que l’on reconnait les Grands photographes naturalistes.

      Je fais le distinguo entre photographe animalier / de nature et photographe naturaliste… Moi je suis clairement de la première catégorie, et je ne m’en cache pas le moins du monde, même si j’aspire avec le temps à devenir photographe naturaliste, et que j’ai (en toute modestie) des connaissances naturalistes assez correctes ;)

  22. Gael M. a écrit

    Bonjour Cédric,
    Bien d’accord avec toi. Dans ce cas, que dire de très bon photographe qui font de superbes portraits de fauves africains à 2 mètres de leur 4×4, la question à se poser est : aurais-je fait aussi bien à leur place.
    Il ya toujours une part d’hypocrisie dans ce rapport à l’argent (et donc au matos, au temps passé, etc…). On voit de plus en plus de « photographe » qui dérangent gratuitement des espèces pour faire LA photo.
    Au oui, un regret : ne pas avoir l’argent pour venir avec toi en Hongrie, affût payant ou pas. Non mais !
    Gaël

  23. Loïc NOWAK a écrit

    Un point qui me gène dans les affûts payants ou les parcs animaliers gratuits ou pas c’est le côté répétitif et de déjà vu des photos. Pas forcément l’attitude des animaux mais leur environnement. Les affûts à ours de Finlande ont-ils toujours le même attrait ? On dirait que la mode est en train de passer. Idem pour le parc du Bayerischer Wald. Le public se lasse. Pour le photographe il me paraît évident qu’il ne peut pas retirer la même satisfaction non plus avec ce type de photos. L’essentiel est toutefois de ce faire plaisir dans le respect de l’animal ! C’est à chacun de voir et d’être honnête sur les conditions de prise de vue.
    La difficulté à observer puis photographier un animal est bien ce qui fait rêver le public. Tout gosse lorsque je lisais Terre Sauvage je m’émerveillais en me demandant comment le photographe avait fait pour être témoin de cet instant de vie sauvage.

    • Cédric G. a écrit

      Effectivement Loïc, le renouvellement fait également parti des critères majeurs liés à l’aspect « qualitatif » des affûts payants.

      Mais il est toujours possible (dans certains cas en tout cas) de faire « autre chose » malgré si j’ose dire des décors souvent inchangés : ma photo de Montier 2010 en est un exemple ;) puisqu’elle a été réalisée chez Bence Maté !

      Cela fait également parti des « challenges » que les photographes doivent relever pour justement, sortir des sentiers battus quand ils s’adonnent à ce type d’image. C’est pour moi un défi (et une fierté si j’y arrive !) très motivant !

  24. Pinget Jean-François a écrit

    Cédric, magré tout le respect que j’ai pour toi et ton travail, cet article n’a que pour objectif de légitimer et déculpabiliser ta pratique.

    Je reste convaincu que :
    - la nature n’est pas un business -> faire payer pour photographier des animaux sauvages n’est pas correct (en droit on parle de ‘res communis’ c’est à dire un bien qui appartient à tous, à la collectivité);
    - une photo réalisée après un travail naturaliste (observation, repérage, installation d’un affut ou approche) n’a pas la même saveur que celle faite en affut payant – > choisir l’affut payant, c’est choisir la facilité.

    C’est un débat qui me tient à coeur et j’espère que tu ne m’en voudras pas de rester sur mes positions et d’avoir fait part de mon avis sur ton blog.

    Bien à toi.

    • Cédric G. a écrit

      Bonsoir Jean-François

      Je te remercie pour ton intervention, car elle va me permettre de préciser quelques petites choses qui ont leur importance :)

      Sur le premier point que tu soulèves, il ne faut pas s’y méprendre : dans la majorité des cas (je ne parle pas des affûts en parcs) ce n’est pas l’accès aux ANIMAUX (et/ou à la nature) que l’on paye, pas même l’accès aux affûts, mais le SÉJOUR. On n’est pas au zoo ou en parc animalier !!!

      Dans le cas de Bence Maté (que je connais très bien, donc) c’est de la pension complète avec deux guides mis à disposition 24h/24 pendant une semaine. Il faut bien comprendre que cela a un coût : les affûts sont « mis à disposition » parallèlement, mais ne sont aucunement à caractère obligatoire : tu peux très bien aller une semaine (en payant plein pot) chez Bence et faire des photos sans mettre le pied dans un affût, tellement la faune y est abondante !

      On paye donc bien un service, quoi qu’on dise, et non l’accès à la faune (comme c’est le cas dans les parcs animaliers) qui elle, fait scrupuleusement ce qu’elle veut, comme elle veut.

      Pour le second point, oui, je te rejoins à 200%. Mais il ne faut pas s’y méprendre : ceux qui pratiquent les affûts payant recherchent d’abord du PLAISIR.

      Pour ma part j’y ajoute (et je n’ai aucunement honte ni peur d’en parler) l’aspect mercantile, car je peux te dire que mes voyages sont largement amortis par rapport aux ventes d’images qu’ils me permettent de réaliser. Il y a donc pour ma part également un enjeu financier (lié au fait que je renouvelle ma banque d’images sur des espèces que j’ai ici dans l’Aube pour la très grande majorité – seuls manquent les rolliers, les spatules, les cormorans pygmée et les guêpiers !), aspect que n’ont pas les amateurs purs et durs.

      Pour l’avoir vécu, je peux également affirmer que oui, il est très dommage pour un amateur « débutant » d’aller direct dans ce type d’affût, pour deux raisons :
      - la première, parce qu’il n’aura pas toute la maîtrise requise pour mener au mieux ses prises de vue (quoi qu’on dise, les conditions de prise de vue, notamment de lumière, sont parfois difficiles et demandent une bonne connaissance technique de la photographie)
      - la seconde, parce qu’il n’aura quelque part plus d’intérêt de « refaire » les photos faites là-bas chez lui, en en chiant lamentablement car il n’aura pas les connaissances requises pour ce faire (frustration possible… engendrant un cercle vicieux où seuls les affûts payants et parcs animaliers finiront par lui apporter ce qu’il veut !)

      Par contre, pour les photographes comme Fred ou Guillaume qui m’accompagnent, et qui ont déjà une grande expérience de terrain, il n’y a quelque part plus rien à « prouver ». On y va pour s’éclater, être entre potes et « vivre » photo pendant 7 jours non stop… Et ça, oui c’est aussi possible sans payer – quoique, tu payes toujours à minima le déplacement, la bouffe, parfois le logement – et de toute façon, que tu utilises l’affût de Bence Maté ou celui monté avec ton pote… la finalité reste la même !

    • Cédric G. a écrit

      Désolé pour le roman :D

  25. Denis a écrit

    Bonjour Cédric
    Bravo pour ton blog que je visite régulièrement, très intéressant !
    Le 21° siècle est malheureusement celui de » l’argent roi »
    La photo est avant tout un Art que l’on soit pro ou amateur et si le vénal prime, l’originalité, le créatif, la qualité en patissent
    Peut-être ce débat est à l’origine de la frustration, de la jalousie de certains?
    A mon humble avis d’amateur chacun pratique avec les moyens techniques et logistiques à sa portée, mais surtout avec le plus strict RESPECT de Mère Nature!!!
    « La Nature donne au centuple à qui sait l’observer et la respecter  »
    cdt

  26. Grégory Ortet a écrit

    Bonsoir,

    Je suis celui que mon ami Cedric pointe du doigt puisque j’ai souvent été à l’origine de plusieurs reprimandes à son endroit sur le sujet sur les forums dont il parle.

    En quelque sorte c’est moi est ouvert le « bal des faux-culs » et ça me fait doucement rire…mieux vaut en rire que pleurer devant ce tissu d’inepties et de manifestes incompréhensions concaténées dans cet article qu’il nous promettait depuis un bail, entretenant le buzz dans lequel il l’excelle.

    Cedric, je te reconnais plein de qualité et te respecte sincèrement pour les qualités dont tu sais faire preuve dans plein de domaines. Mais ici j’avoue être décu, pas par les attaques masquées mais par la synthèse très pauvre,mal construite et mal argumenté que tu fais de l’ensemble des propos courageux, nuancés, étayés et argumentés que j’ai pu commettre sur le sujet.

    J’invite les personnes (qui vont indubitablement me lyncher puisque j’ose venir ici écorner le vénérable hôte des lieux) à prendre le temps de lire le post suivant:

    http://www.beneluxnaturephoto.net/forumf/index.php/topic,75749.75.html

    et en particulier mes interventions (pseudo Greg 31) et celle de mon pote NED pour mettre en perspective la réalité de notre propos avec ce que Cédric insinue sur la ligne du partie des détracteurs des affûts payants.

    Quand j’aurais le temps (car j’en ai très peu malgré ce que Cédric doit croire), je m’amuserai à reprendre ton article pour demonter tes arguments un à un en y apposant le sens de ce que nous disions puisqu’il semble qu’il faille une nième explication de texte.

    En substance, ton article suinte de toutes les coutures d’une démarche mal assumée et surtout d’une colère un peu désespérée qui doit vraisemblablement émaner du fait de ne pas avoir réussi a convaincre ailleurs sur ce sujet.

    Bon we et je me tiens à ta disposition pour en parler par télephone.

    Greg

    • Cédric G. a écrit

      Bonjour Greg

      Je suis… épaté que tu prennes cet article en ton nom, et mon objectif n’était aucunement de proférer une attaque à ton encontre ou à celle de Laurent (même si nos points de vue divergent sur quelques aspects : nous en avons déjà longuement discuté notamment sur Benelux…)

      La colère « désespérée » (elle ne l’est pas) dont tu fais allusion n’est pas liée aux débats que nous avons eu, mais aux raccourcis trop vite faits sur certains forums (eh non : il ne s’agit pas de Benelux, puisque tu as du remarquer que j’y ai limité ma présence pour x raisons, et puis nous y avions suffisamment échangé à ce propos) de la part de personnes qui, prenant connaissance des origines de certaines images, dévalorisent DE FACTO ces dernières.

      Elle provient aussi du fait que certains de ces détracteurs pratiquent eux-mêmes les affûts payants (d’où l’expression « bal des faux-culs ») notamment en Finlande, à la Ferme aux grues ou en parc animalier.

      D’un autre côté, que l’on soient bien clairs : il n’est aucunement question de dénigrer ceux qui pratiquent la photo traditionnelle (et d’ailleurs la plupart de ceux qui vont une ou deux fois par an dans des affûts payants la pratiquent parallèlement) ; au final, la seule chose qui soit clair pour nous tous (je pense) est d’être honnête sur l’origine de photographies. J’ai juste l’impression quand je vous lis Laurent et toi, que vous considérez que ceux qui vont en affût payant n’ont pas de démarche naturaliste. Ce qui est faux ;)

      Tu faisais allusion sur Benelux d’un « label » pour les photos réalisées en pleine nature, pour ma part je préfèrerais un « label » (à l’image du «  » pour « captivité ») pour les images réalisées dans le cadre d’affûts payants.

      Toutefois, cette notion est et restera sujette à caution, car il est parfaitement possible d’utiliser l’affût d’un ami (qu’il aura passé des mois voire des années à mettre au point), et dans la démarche naturaliste, on en revient finalement exactement au même résultat que les affûts payants.

      Quoi qu’il en soit, cet article ne visait pas les puristes en particulier, mais le simple fait de s’arrêter sur une terminologie (c’est finalement le terme « payant » qui dérange) et des idées un peu trop rapidement arrêtées.

      Bon WE à toi (je suis dispo plutôt demain si tu veux en discuter)

      Cédric

      PS : pas de buzz non plus, puisque je n’ai pas voulu (justement) donner suite à l’invitation de GMC il y a quelque temps d’écrire un article à ce propos ;)

  27. Greg ORTET a écrit

    Cédric,

    Tout d’abord merci pour ta réponse nuancée car je sais que mon intervention piquante a du te déplaire. J’aimerais bien que tu mettes des liens vers les fils des forums où selon, tes dire d’autres que moi ont provoqués ton agacement.

    Vraisemblablement tu as mal lu ou relu le fil que je citais, on y parle effectivement de label mais bel et bien pour marquer l’origine des images faites par ces méthodes. Ce point n’est vraiment pas l’essentiel du débat mais on y fait justement allusion car à l’époque il y avait une complète opacité sur le sujet. Les choses changent mais le malaise reste bien présent tout de même, et ton article me le prouve.

    Ni Laurent, ni moi, à présent ou à l’époque, ne dénonçons l’absence de facto d’approche naturaliste dans la pratique d’un photographe qui succombe (plus ou moins sporadiquement) aux affuts payants. J’écris clairement qu’il y a, parmi ceux qui ont recours à ces méthodes, un nombre important de photographes que je respecte énormément à travers leur production qui comprend des images qui portent très haut les valeurs que j’accorde à la photo nature, cependant ces images ne sont pas celles faites dans ces affûts.

    La partie questions-réponse de ton article est celle que je trouve la plus édifiante et sur laquelle je m’oppose complètement aux contre arguments que tu donnes.
    Reprenons les:

    « Les affûts payants, c’est de la photo facile » /« Tu n’as aucun mérite à faire ces photos »:

    Oui je soutiens c’est de la photo nature facile et que le mérite est loin d’être entier.
    Ok, je veux bien des fois ça ne marche pas, qu’il faille se lever tot, de passer la journée dans un affût et avoir les rudiments de base d’un photographe au sens large du terme (ie. un peu de maitrise technique du matos et un oeil).
    Si ces critères étaient le seul prix à payer pour se retrouver dans les conditions idéales pour faire le presse-bouton ça se saurait… Une photo nature ne se résume pas à cela, la difficulté réside à 99% dans toute la démarche qui amène, après un travail de terrain (qui peut se compter en mois ou années) à trouver le bon endroit, poser l’affût en tenant compte de la quiétude du sujet, de la lumière et de l’esthétisme qu’on projette d’avoir dans le cadre du viseur..etc
    Tes arguments en contre sur les fausses vérités que tu crois démontrés sont ici bien pauvres.

    « Tes photos, tu les as « achetées » finalement ! »/ »Ta photo, t’aurais du dire qu’elle était faite en affût payant : là, elle n’a plus beaucoup d’intérêt ! »

    La également, tu reviens sur le matos en explicitant que tu n’as qu’un 500 sigma, honnêtement si tu n’as pas encore fait le pas vers un 500 canon c’est que tu ne vois pas l’intérêt d’y mettre la différence de prix mais pas que tu n’en as pas les moyens. Avec les profits que tu dis générer de ton activité commerciale et, comme tes changements de boitier semblent le montrer, je pense que si tu pensais vraiment que ce gap soit nécessaire tu l’aurais fait.
    Ici, cet argument ne sert à rien.
    Ensuite je ne vois pas la différence que tu sembles faire entre payer pour un séjour tout compris et payer pour un affût…Tu vas me sortir que tu ne payes plus pour aller chez Bencé car c’est un ami maintenant et bien très bien, je t’absous Cédric, tu n’ai plus obligé de préciser que tes images sont faites chez lui…

    Mais le fond du problème est ailleurs. Le plus grave c’est l’irruption du marché dans un pratique traditionnelle dont le fondement se base sur le rapport qu’on entretient avec la nature. La mercantilisation de la nature et les déviances qui vont avec qui sont soulignées dans le fil que j’ai cité ou ici même par plusieurs intervenants.
    La standardisation des images aussi et le faux discours qu’on leur associe dans des reportages, superbes esthétiquement, mais qui ne montrent pas la vérité. Toute cette dimension qui fait que partout où les tractations financières s’insinuent de la sorte dans le rapport à la nature, on bafoue et dévalorise un savoir faire, une éthique, et des valeurs sur l’hôtel du toujours plus, toujours plus vite.
    Dans toute chose il y a l’art et la manière, mais quand le culte du résultat en arrive à éclipser la démarche qui amène au but, on perd selon moi l’essentiel….
    J’espère que tu auras l’occasion d’écrire pour GMC et que vous aurez l’occasion d’en reparler. Je suis alors persuadé que ce n’est pas l’article que tu nous donnes ici qui paraitra, ce serait dommage qu’il y manque les dimensions dont on vient de parler et y subsiste l’aigreur (issue des froissements qu’a connu ton ego) qui transpire de celui-ci.

    Bon we,

    Greg

    • Cédric G. a écrit

      Re :)

      Tu n’as pas tord, et je dirais même que tu as raison dans les réponses apportées à mes affirmations.

      Mon « exemple » sur le prix du matériel est tout aussi puérile que les affirmations que je réprouve, je l’admets volontiers : c’était légèrement volontaire :) (et quelque part pour essuyer le côté financier du débat, qui à mon avis n’a pas vraiment lieu d’être finalement car il existe une infinité d’arguments à opposer au côté mercantile de ce type de voyage : de nos jours, le « gratuit » n’existe plus en tant que tel)

      Pour ce qui est de la notion de facilité de réaliser certains clichés, là encore il faut nuancer. Si c’est pour faire « des photos d’oiseaux » alors oui : c’est facile. Si c’est pour faire de belles photos d’oiseaux, la difficulté devient strictement la même qu’avec des affûts « maison » où le photographe a élaboré sa propre démarche et sa sensibilité propre (sous-entendu : environ 1% de « réussite », et je suis gentil…) ; je ne nie aucunement la difficulté à élaborer ses propres moyens techniques pour réaliser les images (que ce soit par la construction d’affût, le temps passé, les moyens mis en œuvre, l’observation, etc.) et il y a tout autant plus de mérite à réaliser une photographie, que si cette dernière a fait l’objet d’une démarche pensée et réalisée seule par le photographe. Faut-il pour autant DE TEMPS À AUTRES (il ne s’agit pas de généraliser) se priver des moyens mis à disposition par d’autres pour faire des photographies ?

      Ceci rejoint ce que tu appelles la standardisation des images : si c’est inévitable dans certaines circonstances, le défi consiste aussi à renouveler le genre et apporter une vision propre à chacun. Chaque année, des photographes apportent de nouvelles approches techniques sur nombre de sujets, nous étonnant toujours plus : c’est en ce sens (à mon avis) qu’il faut considérer une partie de l’approche photographique faite dans ce type d’affût. 50% de photos « standardisées », et 50% (voire de plus en plus au gré de l’expérience terrain du photographe) de photos plus créatives, plus osées et axées sur une différentiation des genres.

      Quelque part, toutes ces joutes verbales me motivent à ramener des images nouvelles faites dans des conditions connues, de manière justement à prouver que l’on peut faire autre chose que les autres, dans des conditions identiques aux autres. Ma photo de guêpier exposée à Montier l’an passé en est un modeste exemple.

      Il y a aussi l’aspect apprentissage et partage d’expérience : on y apprend énormément. Autant sur les techniques de construction d’affûts que sur les aspects comportementaux, préalablement étudiés par nos hôtes. De fait il y a un transfert de compétences naturalistes (avant toute autre chose) indéniable par ce type de séjour. On a beau bénéficier au fil des années d’une expérience croissante sur le terrain, il y a toujours à apprendre des autres. Je continue chaque année (dans la mesure de mes possibilités professionnelles et familiales) à contribuer au monde naturaliste local et à apprendre avec les spécialistes, et je crois savoir que c’est également ton cas (peut-être plus encore te concernant) : c’est un cycle d’apprentissage sans fin mais indispensable à tout photographe naturaliste.

      Je te rejoins par contre sur le « toujours plus, toujours plus vite », mais ça tu le retrouves dans tous les domaines de la photographie (en réalité partout), et bien en amont des techniques de terrain. Tu abordais le problème de la course à l’armement sur Benelux, c’est un phénomène qui existe partout, dans toutes les disciplines.

      Débat sans fin où les arguments se recroisent… et où au final, personne n’a totalement tord ;)

      PS : arrêtes de parler de mon égo, ma vie professionnelle (hors photographie) et mes pratiques sportives et spirituelles m’ont appris à le mettre très loin de côté :) ; par contre peut-être suis-je encore légèrement étroit d’esprit… Ça je ne le nie pas !

    • Cédric G. a écrit

      Je rectifie pour mon égo : oui, il est égratigné lorsqu’il s’agit de me rétorquer que je ramène des images « standardisées » ;)

      (d’où ma volonté d’y retourner encore et encore pour renouveler le genre !)

      Juste sur ce point précis !

  28. Véro a écrit

    Ho la la ! les garçons, allez vous accepter l’humble avis d’une fille???

    Standardisation, égo, matériel, affut, payant ou pas mais affut quand même, photo sans intérêt, naturaliste ou marchand d’images, puristes, faux-cul, photo facile, vénérable hôte des lieux, mais où suis-je ? Sur le blog de Cédric ?? J’y crois pas !

    J’ai beaucoup de mal avec tout ce que je viens de lire !

    La tolérance, vous savez ce que c’est ? Le plaisir de réaliser une image ? d’oser la partager ? sans risquer de s’exposer à tant de critiques ? mais vous êtes en train d’écoeurer celui qui possède un antique 350D ou autre, qui a un malheureux 500 de merde ou un 300 pourri, ou qui débute, qui ose rêver à la photo non pas parfaite mais à celle qui lui parle, et qui est en train de se dire après vous avoir lu, que finalement c’est pas la peine qu’il s’emmerde parce qu’il n’arrivera à faire que la photo qui a déjà été vue 36000 fois, qu’elle sera identique aux 35999 autres et que de toutes façons il ne la vendra jamais, parce que pour gagner il faut payer !

    Voilà en résumé, ce que j’ai retenu de ce que vous venez de dire!

    Alors, permettez moi de dire, que la photo, elle est en vous ou pas, que le matériel n’intervient pas dans sa réalisation, qu’il n’est qu’un plus dans une perfection jamais atteinte, que l’affut payant ou pas est un leurre, essayez donc de faire une photo sans vous cacher ! Si, si, c’est possible, pas souvent bien sûr, mais la nature peut réserver de bonnes surprises parfois, mais comme il faut la photo à tout prix, et que notre égo, (on en a tous un, inutile de le reprocher ou de s’en excuser) veut la réaliser avant ou mieux que les autres, autant utiliser la « ruse »… ce n’est pas la nature qui vous offre l’image, c’est vous qui la volez, vous êtes les paparazzi de la faune. Je plaisante un peu, mais dans l’absolu, ai-je vraiment tort !

    Quant à apprendre à donner au temps l’alternative de vous combler, cela ne semble pas vous effleurer, vous y approcheriez pourtant une certaine forme de bonheur, ou de sérénité.

    Je me demande si je vais avoir envie de revenir sur ce blog, en tout cas dans la forme actuelle de ce billet, je suis désolée Cédric, j’aimais le parcourir très souvent, j’en aimais le ton, sans jugement, ouvert à tous, sans critique, si différent de tous ces forums inutiles, agressifs et inintéressants sur lesquels je ne vais plus JAMAIS depuis longtemps, mais là c’est trop, certains échanges me propulsent à mille lieux de vous tous.

    Je n’ai pas le matériel dernier cri, je n’ai pas non plus du bas de gamme, je ne débute pas, dois-je vous dire que la photo je la pratique depuis …, non je ne le dis pas, mon plaisir s’est même intensifié au fil du temps, de rencontres en hasards, je suis toujours émerveillée par ce que la nature me réserve et m’offre inopinément, j’ai gardé mes yeux d’enfant sensibles à toute forme d’enchantement, vous semblez tellement tous avoir oublié cette raison première de l’existence de l’image.

    L’émotion vécue, partagée, procurée, semble passer au dernier plan, face à vos polémiques techniques ou financières, vos batailles de puristes, vos critiques agressives… etc.

    Je ne vais même pas mettre mon url, Cédric tu me reconnaitras, mais je préfère éviter les réponses foudroyantes auxquelles je m’expose… qui de toutes façons ne m’intéressent pas parce qu’elle ne me détourneront pas de mon plaisir simple qui pourrait finalement et malheureusement finir par devenir égoïste.

    • Cédric G. a écrit

      Bonsoir Véro

      Ce billet était un « coup d’essai » (si j’ose dire) sur un sujet tendancieux propre à la photographie animalière, et il me semblait important de l’aborder… Ce sera très certainement aussi le dernier, je vais tâcher de revenir à des choses plus plaisantes et plus proches de la nature et de la photographie !

      Je suis le premier à déplorer que l’on puisse juger d’autre chose que la finalité de ce qui nous réunis tous.

      Et c’est (comme toi si j’ai bien compris) la raison pour laquelle je ne participe pour ainsi dire plus aux forums, en tout cas concernant la diffusion d’images, préférant séparer technique et sensibilité photographique.

      Mais parfois nos vieux démons nous rattrapent…

  29. Cédric G. a écrit

    Après courte réflexion, je préfère clore le débat ici et retrouver, comme le demande Véro, l’essence même de ce blog (demain une image, promis !)