Comment vendre son matériel photo sans se faire arnaquer ?

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Le photographe est un individu généralement amoureux de son matériel, et amateur de beaux matériels également. Sa nature en fait un sujet au changement, sinon permanent, en tout cas régulier en ce qui concerne les plus passionnés d’entre nous 🙂

La vente de matériel coûteux comme les boîtiers photo ou les objectifs a toujours constitué un problème, dans le sens où le monde d’aujourd’hui est ouvert aux arnaques. Voici quelques astuces pour éviter de se faire avoir…

À CONSULTER ÉGALEMENT : Pour en savoir plus sur le matériel

Trouver le bon média pour annoncer sa vente

Sur ce point, il existe de nombreuses solution : magazine spécialisé, site de petites annonces, forum thématique, réseaux sociaux…

En matière de presse magazine, Chasseur d’Images s’impose comme la référence (il faut toutefois être abonné pour pouvoir poster des annonces dans leur magazine gratuitement, ainsi que les annonces en ligne, également très consultées) : l’avantage est que l’on a affaire exclusivement à un public passionné !

Les sites de petites annonces sont également de bons vecteurs, à l’image du célèbre  LeBonCoin, qui est devenu rapidement la référence en matière de vente entre particuliers. Seul bémol, on y trouve un peu tout et n’importe quoi, et c’est également « n’importe qui » qui est susceptible de vous contacter !

Les autres sites ont un trafic sensiblement moins intéressant pour la vente : mieux vaut s’orienter alors vers les forums photo à fort trafic. Néanmoins, en 2021 ce vecteur de vente est un peu en perte de vitesse, à l’heure où les réseaux sociaux ont remplacé progressivement les forums, tels que nous les avons connu dans les années 2000-2010.

Désormais, je réalise 100% de mes ventes avec Facebook. Bien que ce réseau social ne soit pas utilisé par tout le monde, il possède une aura assez importante pour apporter une visibilité que vous n’aurez jamais ailleurs !

De plus, la présence de nombreux groupes locaux spécialisés dans la vente d’occasion, et surtout de la marketplace Facebook, facilite grandement la diffusion des annonces, totalement gratuites (si l’on veut les renouveler ou les « pousser » au devant de la scène il faut payer, mais en pratique ça n’arrive jamais)

Astuce

Depuis 2020, le gouvernement français a mis en place un système déclaratif au fisc sur les ventes de biens personnels sur les plateformes de petites annonces faisant office d’intermédiaires de paiement (Vinted, LeBonCoin, AirBnB, etc.)

Seront donc transmis vos ventes dès que vous atteignez un montant total de vente de 3000 € annuels et 20 transactions sur l’année.

Si vous ne dépassez pas ces seuils, vous ne serez donc pas imposés sur vos « revenus complémentaires ». Et si vous passez par Facebook Marketplace, vous ne risquez rien !

Imposer les modes de paiement et de livraison

Le choix du mode de paiement constitue le point névralgique de votre vente. Privilégiez les paiements « sécurisés » avant toute chose : Paypal, virement bancaire via RIB, virement en cryptomonnaie (il faut se mettre à la page !) ou espèces lors d’une remise en main propre (que l’on préférera en centre-ville en journée, et non dans un endroit isolé ou un quartier douteux) !

Évitez comme la peste les transferts de fond Western Union, les mandat cashs et… le contre-remboursement (voir paragraphe suivant !)

Le mode de transport va également être d’une importance capitale pour instaurer un climat de confiance entre acheteur et vendeur. Privilégiez là également les modes autorisant un suivi des colis (Collissimo Suivi, UPS…) quitte à y mettre le prix, et n’hésitez pas à prendre une assurance facultative.

L’emballage ne devra pas permettre de connaître la nature du colis, et devra être suffisamment « verrouillé » pour ne pas autoriser d’ouverture rapide au détour d’un centre de tri.

Le contre-remboursement : les arnaqueurs adorent !

Jusqu’à une époque très, très récente, j’étais intimement persuadé que le contre-remboursement proposé par la Poste française constituait une solution pérenne pour assurer ses arrières lors d’une vente de matériel : remise du colis contre paiement via un prestataire externe…

J’en suis revenu (et j’en suis surtout pour 700€ perdus suite à un règlement par chèque volé, avec usurpation d’identité et tout ce qui s’en suit : affaire très vite classée sans suite… C’est ce qui a motivé ce petit article !)

C’est définitivement un mode d’envoi à proscrire, impérativement, dans la mesure où La Poste ne garantit AUCUNEMENT le paiement de votre colis : vous recevez en retour le « joli » chèque verrolé de l’arnaqueur à qui vous avez vendu votre matériel ! Si vous pensez que La Poste rends l’argent suite à une transaction foireuse, vous avez tout faux !

Vous avez votre acheteur ? Les petite choses à vérifier

Les outils actuels, et notamment Google et le site des Pages Jaunes, permettent de retrouver assez facilement des informations sur votre acheteur potentiel.

La première chose à faire est de réaliser une recherche à partir de ses coordonnées :

  • son ou ses numéros de téléphone : faire une recherche Google du type « 03 25 01 23 45 » puis « 0325012345 » (en plaçant le numéro entre guillemets dans le premier cas) et voir si ce numéro ne ressort pas sur des pages douteuses (genre une personne qui revend du matériel photo en quantité, à des prix délirants !!!)
  • son nom et prénom via Google
  • faire une recherche inversée s’il vous donne un numéro de téléphone fixe
  • procéder à une vérification par les noms et prénoms sur sa commune (via les Pages Blanches)
  • s’il vous communique une adresse d’expédition censée être chez lui, faites également une petite recherche via les Pages Jaunes (nb : ne ressort pas les personnes sur liste rouge, mais permet de vérifier l’adresse la plupart du temps : s’il y a une seule personne habitant à ces coordonnées et que l’identité ne « colle » pas avec votre interlocuteur, vous pouvez vous poser des questions !) ; on peut aussi vérifier sur Google Street View s’il s’agit d’une maison individuelle, d’un entrepôt (douteux !) ou d’un immeuble dans un quartier.

Si vous retrouvez les coordonnées complètes de la personne, n’hésitez pas à passer un petit coup de fil sur la ligne fixe s’il ne vous l’a pas donnée (vous demanderez un petit renseignement le cas échéant, si c’est bien la bonne personne !!! Cela permet surtout de s’assurer qu’il n’y a pas eu usurpation d’identité…)

En cas de doute et pour les gros montants, n’hésitez pas à demander à votre interlocuteur des explications. S’il répond évasivement, demandez-lui de procéder par paiement en chèque de banque, dont il vous enverra une photocopie ou un scan avant que vous n’envoyiez le matériel (cela vous permettra de faire vérifier par votre propre banque que ledit chèque est authentique avant l’expédition) !

Bonus : Si vous êtes acheteur de matériel…

Si vous êtes acheteur de matériel, n’hésitez pas à vérifier également tous les points ci-dessus (notamment les coordonnées complètes) et n’envoyez JAMAIS d’argent – qui plus est à l’étranger si l’envoi se fait de France – avant de recevoir le matériel, sauf à procéder via un moyen sécurisé (via une transaction Ebay, via Paypal…) ou en remise en main propre.

Exigez le numéro de série s’il s’agit de boîtiers ou d’objectifs, et parcourez les listes de matériel volé / perdu que l’on trouve en ligne (notamment ici)

Demandez des photographies du matériel, et le nombre de déclenchements si cela est possible (cas des boîtiers professionnels) en précisant que vous contrôlerez par logiciel (vous pouvez même demander une copie d’écran d’une mesure logicielle si votre contact annonce qu’il a mesuré par ce biais…) ; méfiez-vous des matériels cédés incomplets : tout matériel vendu devra l’être avec sa boîte d’origine, ses accessoires, une facture ou lettre de cession, un manuel d’utilisation.

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