Protection des mains par temps froid

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La saison froide approche, et il n’est pas rare pour le photographe animalier d’être confronté à un problème récurrent : la protection de ses mains contre le froid !

Bien difficile alors d’allier protection efficace et maniabilité de l’appareil tout en offrant un camouflage et un silence décent pour notre passion…. Je vous propose une petite astuce très simple et ô combien efficace, puisque testée sur terre et dans les airs (en ULM) par votre serviteur : l’utilisation de gants en néoprène 🙂

À CONSULTER ÉGALEMENT : Pour en savoir plus sur le camouflage et les techniques d’approche

Gants et contraintes de la photographie animalière

La photographie de nature impose des règles à son pratiquant à divers niveaux, règles qui ne sont pas toujours en adéquation avec les caractéristiques techniques des vêtements que l’on trouve dans le commerce :

  • le silence : les vêtements et donc les gants doivent être pour le moins silencieux (éviter les gants en nylon, offrant peu de tenue et de maniabilité au matériel et surtout, étant très bruyants au frotter !)
  • la maniabilité : peut-être la caractéristique la plus difficile à obtenir en photographie, car les gants doivent permettre de manipuler cartes mémoires et petits boutons du boîtier sans trop d’efforts (élimine tous les modèles sans zone d’accroche spécifique !)
  • la protection contre le froid : évidence s’il en est, les gants doivent permettre d’éviter l’engourdissement des mains pour en préserver la dextérité
  • la protection contre le vent : de paire avec la protection contre les températures glaciales, celle contre les courants d’air permettra de préserver son confort durant les longues heures d’affût ou de billebaude dans le froid hivernal
  • le camouflage : un peu moins important selon les spécialités, mais indispensable dans certaines pratiques (approche notamment), le camouflage des mains pourra s’avérer décisif dans la réussite de vos photographies

J’avais déjà abordé dans l’an passé dans un article sur la protection contre le froid, les différentes techniques relatives à la protection des extrémités et notamment les mains, mais je n’étais pas rentré dans les détails concernant la protection des extrémités et plus particulièrement des doigts.

Matériels testés et protocole de test

Sans aller jusqu’à réaliser un comparatif multimarques et multi-modèles, je vous propose simplement de comparer diverses combinaisons à prix tout doux, dont les composantes se trouveront très simplement dans votre magasin Décathlon le plus proche :

  • gants laine à picots en caoutchouc : 3€ (ndlr : semblent ne plus exister chez Décathlon, ils étaient dans le rayon Chasse…)
  • gants néoprène GLV520 : 15€ (ce sont des gants de plongée…)
  • gants polaire camo
  • sous-gants en soie noirs : 7€ (voir au rayon Vélo)

Je n’irai pas plus loin dans mes choix, n’ayant pas acquis toutes les références disponibles en magasin mais ayant expérimenté sur le terrain, depuis quelques hivers, diverses combinaisons basées sur les équipements cités ci-dessus.

Au niveau protocole de test, pas de mesures scientifiques, mais… du ressenti et des impressions de terrain, avec utilisation en billebaude, à l’affût et surtout en photographie aérienne (ULM), ce qui permet de parfaitement évaluer la protection aux courants d’air !

Mésanges bleues photographiées en déclenchement automatique en hiver

Seront donc notés les éléments suivants (notations de 0 à 5 où 0 = Nul et 5 = Excellent) :

  • Protection contre le froid : efficacité contre des températures sous 0°C, jusqu’à -10°C environ durant mes sorties hivernales, et sur des durées de plus de 45 minutes
  • Protection contre le vent : résistance aux courants d’air, généralement constatée en photographie aérienne avec des températures proches de 0°C (et des vitesses de 80 km/h ou plus en ULM multi-axe)
  • Camouflage : visibilité des matériels utilisés dans l’environnement (nb : aucun de ces matériels n’est bruyant, le critère « silence » ne sera donc pas noté)…
  • Maniabilité du matériel : performances en matière de dextérité et de maintient du matériel (accès aux boutons, aux cartes mémoires, accroche du matériel au toucher pour éviter de l’échapper…)
  • Confort : tout est dans le titre !

Résultats et commentaires

Configuration 1 : gants en laine à picots

Le B-A-BA de la protection des mains, que j’utilise essentiellement… en été pour me camoufler ! La maniabilité de l’appareil est excellente avec un peu d’habitude, mais en matière de protection contre le froid, pas grand chose à espérer dès lors que la température passe sous les 0°C…

En outre, la laine laisse passer les courants d’airs ce qui n’est pas forcément le plus agréable !

Notation des gants picot
  • Faible protection contre le froid (dès 5°C) et surtout le vent
  • Maniabilité du matériel
  • Camouflage très correct

Configuration 2 : gants en laine à picots + sous-gants en soie

Légère amélioration avec les sous-gants, qui permettent de supporter un froid sec jusqu’à -2/3°C sans vent, dans de bonnes conditions.

Utilisable à l’approche sur de courtes durées (maximum 1 heure), déconseillé à l’affût car les déperditions thermiques sont sensibles…

Notation des gants picot avec sous-gants en soie
  • Faible protection contre le vent et par temps froid humide
  • Maniabilité du matériel
  • Camouflage très correct

Configuration 3 : gants polaires camo

Offrant un camouflage « parfait » des extrémités (évidemment couplés avec une veste de motif équivalent !), les gants polaire offrent aussi une meilleure protection contre le froid (surtout par temps un peu humide mais sans pluie évidemment) et une résistance au vent très légèrement supérieure aux gants en laine (la sensation est différente !).

Néanmoins, le principal défaut est plus lié à la maniabilité relative du matériel avec ce type d’accessoire, car ils n’offrent pas un port « près des doigts » et n’ont pas de systèmes probants d’accroche sur les extrémités (gants prévus d’abord pour le tir au fusil !) ; ils seront donc utilisables essentiellement à l’approche par temps froid (pas trop) et sans vent.

Notation des gants polaires camo
  • Maniabilité du matériel médiocre
  • Très limites par grand froid et/ou grand vent
  • Camouflage très efficace
  • Protection contre le froid et le vent un peu supérieures aux gants laine

Configuration 4 : gants polaires camo + sous-gants en soie

Configuration un peu meilleure qu’avec les gants seuls, offre toujours cet excellent camouflage des mains mais avec un confort par temps froid légèrement supérieur, le polaire jouant bien son rôle.

Idéal pour l’approche par temps froid sans trop de vent, et pour les sorties ou le matériel sera préréglé (à cause de la maniabilité modeste qu’offrent les gants en matière de dextérité).

Notation des gants polaires avec sous-gants
  • Maniabilité du matériel médiocre
  • Par grand froid, peu efficace dans la durée
  • Camouflage très efficace
  • Bonne protection contre le froid et le vent malgré tout

Configuration 5 : gants néoprène + sous-gants en soie

Configuration inhabituelle chez le photographe « terrestre » s’il en est, l’utilisation de gants en néoprène implique une « seconde couche à l’intérieur » car l’intérêt est justement d’avoir une pellicule qui va garder la chaleur des mains, et les sous-gants en soie jouent ce rôle.

L’efficacité est redoutable, avec une protection extraordinaire contre le froid (testé jusqu’à -9°C à l’affût) et surtout contre le vent (testé en photo aérienne en ULM, avec 1°C au sol !) ; en matière de maniabilité, on perd la sensation de toucher et de ce fait, les utiliser demande un peu d’habitude. Je suis arrivé à changer des cartes mémoires sans trop de soucis en vol ULM, mais ce n’est pas simple tout de même !…

Second effet « Kisscool » : ne JAMAIS enlever ses gants en milieu froid et venté, car la chaleur provient… de la sueur des mains ! Donc efficacité extrême sur le terrain mais à enlever dans un endroit si possible sec, abrité et chaud 😉

Notation des gants en néoprène avec sous-gants en soie
  • Maniabilité du matériel moyenne
  • Trop foncé pour correctement camoufler les mains (mais utilisable)
  • Protection absolue contre le froid et le vent

Petit résumé

Comme vous le voyez, il n’existe pas (en tout cas dans les configurations que j’ai essayé à ce jour) de solution universelle pour les mains offrant à la fois protection extrême contre le froid et le vent, camouflage parfait et maniabilité satisfaisante du matériel…

Astuce

Depuis l’écriture de cet article, une nouvelle solution s’est offerte à moi : les gants d’équitation en néoprène ! On les trouve au rayon éponyme chez Décathlon, ils sont fins, dotés de picots caoutchouc pour une meilleure accroche, et peuvent être utilisés conjointement aux sous-gants en soie.

Comble du bonheur : ils sont marron !

En conclusion :

  • Pour la pratique par météo tempérée (sans nécessité de se protéger du froid) : gants laine picots seuls (meilleur compromis camouflage / maniabilité)
  • Pour l’approche par temps froid : gants laine picots + sous-gants (si courte durée et/ou nécessité d’accéder très souvent aux réglages du boîtier) ou gants polaires camo + sous-gants en soie (temps plus froid ou plus humide)
  • Pour l’affût : gants néoprène + sous-gants en soie (on considèrera qu’à l’affût le camouflage des mains est moins important, dans l’éventualité où l’on utilisera soit un affût fermé, soit des filets)
  • Pour la photographie par grand vent et/ou dans le froid extrême (températures à -5°C ou pire) : gants néoprène + sous-gants en soie
Rouge-gorge (Erithacus rubecula) dans l'herbe givrée d'un jardin
Rouge-gorge (Erithacus rubecula) dans l’herbe givrée d’un jardin

On pensera évidemment, dans le cas de l’utilisation des gants néoprène, à les enlever une fois à l’abris et au sec, sous peine de ressentir très vite le second « effet Kisscool » : une sensation de mains gelées quasi instantanée (je l’ai vécu !) ^_^

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