
Canon Picture Style Editor est un outil apparu avec DPP 3.2 (Digital Photo Professional) et qui permet de créer ses propres styles d’images, applicables via DPP aux fichiers RAW sortant des boîtiers de la marque. Les styles d’image sont apparus avec le Canon EOS 30D et les versions de DPP sorties à l’époque, et permettent notamment d’appliquer des présets aux images, en jouant sur un certain nombre de paramètres généraux mais aussi et surtout sur des plages de couleurs spécifiques.
Quelque peu hermétique pour le néophyte, cet outil simple de part son interface offre des possibilités insoupçonnées, si l’on prend le temps de s’y attarder…
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Principe des styles d’image
La première chose à faire est de bien comprendre à quoi correspondent les styles d’images, et comment ils fonctionnent. Le principe, quelque peu opaque pour qui ne connait pas les finesses de la colorimétrie, est finalement simple :
- il définit des zones de couleurs dans le spectre (en mode HSB, pour « Hue, Saturation, Brightness », c’est-à-dire délimitées par une plage de teinte/tonalité, une plage de saturation et une plage de de luminosité) sur lesquelles nous allons pouvoir appliquer des corrections par décalage sur ces mêmes paramètres : teinte, saturation, luminosité
- il permet aussi de définir une courbe de niveaux de manière à corriger de manière globale le contraste de l’image (concept similaire aux courbes de Photoshop)
Concernant le premier point, voici une représentation schématique qui permet de mieux en comprendre le principe :

Concrètement, il convient de définir une ou plusieurs plages de couleurs (il faut donc s’imaginer l’espace colorimétrique de travail en 3D !), plages qui seront définies sur les 3 axes que sont la teinte, la saturation et la luminosité. Sur chaque plage, nous allons ensuite pouvoir définir un décalage sur chaque axe (dans certaines limites) de manière à retranscrire les effets voulus (nous verrons dans la seconde partie de ce tutoriel comment modifier le style d’image « Paysage » pour forcer les ciels bleus et atténuer le rendu des rouges/orangés qui donne souvent des dominantes peu naturelles aux photographies traitées…)

La définition d’une zone de couleur dans Picture Style Editor se réalise au travers d’une interface dont nous verrons l’utilisation plus bas ; chaque zone se définit par un croissant de l’espace colorimétrique représenté dans le disque de couleurs, l’angle formé représentant les tons à moduler, le rayon signifiant la plage de saturation et le dégradé gris à droite permettant de stipuler la zone de luminance à utiliser. On peut définir à peu près autant de zones modulables que l’on veut, chacune étant indépendante des autres. Et sur chacune de ces zones, nous pourrons décaler les couleurs selon chacun des trois axes !
Au final, on devine tout l’intérêt des styles d’images pour les photographes ayant à traiter un grand nombre d’images réalisées en séries : ils permettent de régler finement une image étalon et d’appliquer ces réglages sur l’ensemble des photographies. L’objectif au final est de disposer d’images prêtes à l’emploi, sans nécessité de repasser par un logiciel de retouche tel que Photoshop pour optimiser la colorimétrie ! Pour l’avoir essayé, ça marche 😉
Note importante : chaque style d’image est prévu à l’origine pour fonctionner sur des images réglées idéalement avec certains paramètres, notamment en terme de balance des blancs. Un style d’image prévu pour une image à 6500K n’aura pas grand intérêt appliqué à une image réalisée à 3000K…
Présentation de l’interface de Picture Style Editor
Picture Style Editor se présente sous forme d’une fenêtre SDI (Simple Document Interface : le travail ne s’exécute que sur un document – ici une photo – à la fois… Concept vieillot mais suffisant dans le cas présent !) avec deux blocs d’outils de part et d’autre de l’image, que l’on peut évidemment positionner à sa guise.

Le menu est assez classique, avec une partie Fichier qui permet de charger l’image qui servira à établir notre style d’image, ainsi que la gestion des fichiers de styles (chargement / sauvegarde) et une étrange fonction « Annuler » appelée Continuer à partir de l’état précédent (avec trois boîtes de dialogue de confirmation !) ; le second menu permet l’accès à une boîte de dialogue un peu inutile dans la mesure où elle remplit une fonction disponible dans l’une des palettes. Le troisième menu, appelé Affichage, permet de gérer tout comme dans DPP, l’affichage des différents éléments de notre interface (zoom, palettes, etc…). Enfin, le menu Outil permet lui d’accéder à deux fonctionnalités par ailleurs elles aussi disponibles dans les palettes… Une maigre moisson pour nos menus.
La barre d’état s’avère bien plus utile et n’est pas sans rappeler d’autres logiciels Canon. Elle permet entre autre de gérer l’affichage de l’image de travail (zoom, visualisation avant/après) mais rappelle aussi l’espace de travail (sRVB ou Adobe RVB) et, aux coordonnées de la souris sur l’image, indique les valeurs colorimétriques avant/après ainsi que le décalage sur le pixel en cours (tonalité / saturation / luminance).

La palette « Navigateur »
Peu utile de prime abord car uniquement informative (ou presque), la palette « Navigateur » ne permet en pratique que de faciliter le déplacement dans l’image lorsque l’on est en mode zoom sur cette dernière. J’avoue ne jamais utiliser ce type de facilité… La partie inférieure est par contre bien plus intéressante à mon sens, en rappelant l’histogramme de l’image (au choix sur la courbe de luminance ou sur les courbes RVB) et le cas échéant, permettant d’afficher finement les zones cramées/bouchées de l’image.

La palette « Outils »
Je ne détaillerai pas ici la palette « Outils » puisqu’elle fera l’objet d’une démonstration poussée dans le chapitre suivant… Repoussante de prime abord, cette palette est le point central de Picture Style Editor et permet de réaliser l’essentiel du travail demandé !

J’emploie souvent à tord, comme sur la copie d’écran ci-dessus, le terme Luminance pour désigner en réalité la luminosité. La différence essentielle entre ces deux concepts est que la luminance représente l’intensité lumineuse réelle d’une source de lumière, tandis que la luminosité en représente la perception humaine…
La différence mathématique se tient dans l’échelle de ces deux mesures : la luminance est logarithmique, la luminosité linéaire ce qui explique qu’un gris neutre dit à 18%, qui est mesuré sur la luminance, correspond en fait à un gris « moyen » à 50% de luminosité.
Fonctionnement au travers d’un exemple en vidéo
Petite nouveauté sur le blog Aube-Nature, je mixe cette fois contenu texte et vidéo… En effet, l’utilisation de Picture Style Editor étant relativement difficile à expliquer sans s’étaler dans de nombreuses copies d’écran, l’utilisation d’une vidéo me semblait bien plus aisée. Nous allons donc voir comment, à partir d’une image et du style prédéfini « Paysage », non dénué de défauts, nous allons pouvoir construire un style personnalisé qui sera applicable ensuite à toutes les photographies de la même série (et à d’autres évidemment !)
Suivez le guide…
Conclusion
Je vous ai brièvement présenté Picture Style Editor, l’outil tant attendu avant sa sortie permettant de créer ses propres styles d’image… D’un fonctionnement finalement simple mais demandant quelques notions de base en matière de colorimétrie, l’outil permet de créer d’intéressants dérivés de styles d’images existants, à l’image de celui présenté dans la vidéo. Il est toutefois dommage que les styles d’image soient gérés de façon très sommaire dans DPP et qu’il ne soit pas possible de les éditer directement dans cet outil… Ne doutons pas que cela deviendra possible, un jour peut-être !!!




