
La recrudescence d’affaires liées à la vente d’images à bas prix m’a décidé à en remettre une couche (pour celles et ceux ne me suivant pas sur Twitter) à l’encontre de ces banques d’images que l’on nomme microstocks, à l’image de Fotolia (la plus connue en France, car créée par des « entrepreneurs » français… bien loin de notre territoire et de nos lois évidemment !)
Afin de ne pas réécrire un roman et d’aller à l’essentiel, j’ai donc décidé de succomber à la mode des « 10 raisons pour… » : suivez le guide anti-microstock !
À CONSULTER ÉGALEMENT : Pour en savoir plus sur la vente de photos…
- 5 bonnes raisons de ne pas alimenter les microstocks
- 5 bonnes raisons de ne pas acheter en microstock
- 1. Vous n’avez aucune garantie sur l’origine des images
- 2. Vous n’avez aucun recul quant aux usages déjà faits des images que vous achetez
- 3. Vous n’avez aucune garantie quant à l’indexation des photographies
- 4. Vous perdez du temps à rechercher vous-même vos images
- 5. Vous ne contribuez pas à l’action sociale et au respect des lois
- BONUS : la 11ème raison de ne plus travailler avec les microstocks
5 bonnes raisons de ne pas alimenter les microstocks
Le microstock est parfois encensé comme la solution « miracle » pour vendre ses photos lorsqu’on est amateur, et parfois même comme supplément pour le professionnel. S’il existe effectivement quelques photographes qui dans le lot arrivent à en retirer de substantiels revenus (on parle de plusieurs milliers d’euros par mois), il faut garder à l’esprit que cela ne concerne qu’une infime minorité de personnes, qui auront passé des centaines d’heures de TRAVAIL pour alimenter leur bibliothèque !
Voici 5 bonnes raisons de ne pas tomber dans le piège du microstock :
1. Vous allez toucher des clopinettes !
Eh oui : quand on « débute » sur un microstock, on est débutant, on vend donc au ras des pâquerettes ! La plupart de ces banques d’images fonctionnent « au mérite » (dit-on), autrement dit, même si vous sortez les plus belles images du monde, vous ne toucherez que le minimum au moins le temps des premières ventes : à partir de 0.38€ par vente chez Fotolia (par exemple), et avec une moyenne autour de quelques euros (et je suis gentil).
À titre de comparaison, le prix de vente moyen dans une agence traditionnelle est d’environ 80 € aujourd’hui, et pour ma part j’ai déjà cédé des droits à 1500 € / photo 😀 (faites le calcul : ça en fait des ventes en microstock !!!)
2. Vous allez être noyé dans la masse !
Faisons un rapide calcul avec Fotolia (c’est pareil avec les autres microstocks, sinon pire) : il y a aujourd’hui probablement plus d’un million de contributeurs (on était à plus de 900 000 début 2010) ; une simple division du nombre de photos vendues mensuellement et ça nous donne un chiffre moyen de… 38 photos vendues par an, par contributeur ! En d’autres termes : la promesse d’un grand nombre de ventes pour rattraper les prix ridicules est une belle illusion !
3. Une photo est toujours vendue une seule fois par client !
Eh oui : contrairement à une photo vendue en « droit géré », une photo cédée via un microstock peut être utilisée ad vitam eternam par l’acquéreur ! Et si l’acheteur est un groupe de presse (ou une agence de communication), votre photo ira enrichir son fond photographique et sera utilisée librement ensuite dans toutes ses publications…
En droit géré (comme le Code de la Propriété Intellectuelle l’oblige en principe), l’auteur d’une photo est rémunéré pour chaque utilisation, pas simplement pour avoir « mis à disposition un fichier » !
4. Vous n’avez strictement aucun contrôle sur le devenir de vos images !
Vos photos peuvent être utilisées pour tout et n’importe quoi, et pire encore : vous n’en avez aucune visibilité, puisqu’il est impossible de savoir qui achète l’image, ni pour quelle utilisation.
Quelle « joie » pour vos proches qui vous ont servi de mannequin, de se retrouver sur des campagnes de publicité pour des petites pilules bleues ou pour la promotion de médicaments contre les fuites urinaires ! Et pour les photographes de nature : quel bonheur de voir vos photos de sanglier ou de chevreuil utilisées pour des pubs dans des magazines de chasse, avec un viseur sur la tête !
5. Vos photos vendues en microstock sont perdues à jamais !
Comme vous n’avez aucun contrôle sur le devenir de vos images diffusées en microstock, il vous est impossible de récupérer (si un jour vous vous décidez à changer d’avis) vos photos pour repasser vers un mode de diffusion plus traditionnel.
Pire : comme vous n’avez aucune visibilité sur ce pour quoi elles ont été utilisées, il vous sera impossible de les revendre en direct ensuite sans prendre de gros risques vis-à-vis de vos clients !
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5 bonnes raisons de ne pas acheter en microstock

La banque d’image discount, ou microstock, se targue de faire concurrence aux vraies agences photo (par exemple pour la photographie de nature : Bios Photo ou Naturimages) ; or, côté acheteur, si les tarifs sont effectivement à l’avantage du microstock, il en va tout autrement en matière de qualité (je ne parle pas forcément qualité d’image… quoique : ça dépend des thématiques !) et surtout de sécurité !
Voici 5 bonnes raisons d’éviter les microstocks lorsque l’on fait un usage professionnel de photographies :
1. Vous n’avez aucune garantie sur l’origine des images
Il suffit pour en prendre conscience, de lire simplement les clauses d’utilisation d’un microstock comme Fotolia (les autres sont pareils, je vous rassure) : le microstock ne vous garantit en aucun cas, que les photos qui vous sont vendues sont EFFECTIVEMENT libres de droit (droits à l’image, mais également… droits d’auteur !!!), et ça, ça peut coûter trèèèèès cher !
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2. Vous n’avez aucun recul quant aux usages déjà faits des images que vous achetez
Vous auriez l’air malin si votre principal concurrent utilise la même image, au même moment… Ou pire : que cette belle image que vous venez d’acheter quelques euros, se retrouve sur une campagne de publicité pour vanter des petites pilules bleues !
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3. Vous n’avez aucune garantie quant à l’indexation des photographies
Et plus particulièrement sur les photographies sur des thématiques dites « de niche », typiquement la photographie animalière au sens large ! Les exemples ne manquent pas, et il suffit de voir la tronche des « chats persans » sur Fotolia et consort pour comprendre que l’indexation des images n’est (vraiment) pas le point fort des microstocks 😉 ; une agence traditionnelle spécialisée contrôle TOUTES les images, qui sont indexées par de vrais iconos, très souvent de formation scientifique avec chacun leurs domaines de prédilection !
4. Vous perdez du temps à rechercher vous-même vos images
Là où il suffit de demander à un photographe auteur ou à un icono dans une vraie agence pour obtenir rapidement une sélection d’images dont le contenu est « certifié », vous vous fadez vous-même votre propre recherche sur le site du microstock, avec tous les risques énumérés ci-dessus qui se cumulent !
5. Vous ne contribuez pas à l’action sociale et au respect des lois
Eh oui : si les gros microstocks sont installés aux USA (même Fotolia, pourtant créée par des français), ce n’est certainement pas par hasard ! Quid des contributions sociales en principe dues aux auteurs, des droits liés au Code de la Propriété Intellectuelle (droit de paternité, droit de repentir, etc.), j’en passe et des meilleures ? Non : tout cela « n’existe plus » avec les microstocks !
BONUS : la 11ème raison de ne plus travailler avec les microstocks
Je ne pouvais clore cet article sans dénoncer un dernier « détail » dans le business plan des microstocks : les photos étant utilisées librement (quasiment) par leurs acquéreurs, il est alors TRÈS facile d’en retrouver en HAUTE DÉFINITION sur le web, moyennant une petite et très simple astuce dans Google Images !
Partons du postulat qu’il existe des abonnés à ces sites qui diffusent sur le web les images sans même les redimensionner ni renommer les fichiers (pourquoi s’emm… hein ?). Il suffit alors, via vos moteurs de recherche préférés (perso j’aime bien Google Images) d’indiquer en supplément du sujet recherché le nom du microstock tel qu’il est donné au niveau des fichiers (par ex. « fotolia » pour Fotolia ou « istock » pour iStockPhoto), et de filtrer par tailles d’images !
Démonstration avec des images « corporate » ici ou ici (je ne donnerai pas la syntaxe exacte à utiliser, nous vrais photographes nous en foutons royalement… sauf pour retrouver nos propres images ! Si toutefois vous êtes utilisateur de microstock et que vous voulez tester sur vos photos, contactez-moi…)

En d’autres termes : comme il n’existe aujourd’hui aucun moyen de contrôler qui a acheté quoi sur les microstocks, n’importe qui peut utiliser ces images sans devoir rendre de comptes à personne puisqu’il n’y a aucun moyen de prouver qu’elles n’ont pas été achetées (en tout cas pas pour le photographe ! Et soyons clairs : les microstocks, eux, s’en contrefoutent…)




