[Humeur] Quand les photographes abusent…

31/10/2006 10 commentaires par Cédric G. +

Petit coup de gueule envers quelques « collègues » photographes naturalistes (peut-on encore les appeler ainsi ?), qui une fois de plus, avec l’arrivée des grues cendrées dans notre belle région, se font remarquer par leur inconscience et leur irrespect total de la nature !

Plutôt que de longs discours, voici ce qu’Emmanuel Le Roy, de la LPO Champagne-Ardenne, a vécu il y a quelques jours :

Bonjour à tous,

Et oui, bientôt Montier et les photographes commencent à arriver en même temps que les grues.

Malheureusement, tous ne semblent pas très respectueux de ces oiseaux. Vendredi matin (10h00), en passant sur la route peu avant la Ferme aux Grues (côté sud), j’observe de nombreuses grues s’envolant d’un champ en contre bas de la route, visiblement dérangées par quelque chose ou quelqu’un. Pensant à un tracteur, je n’y prête pas plus d’attention que cela.

Arrivé à leur hauteur, je m’aperçois qu’un photographe est en train de descendre dans un chaume de maïs, droit sur les grues, à peine caché par 2 gros chênes ! Il y avait au moins 500 à 700 grues et tout s’est barré au fur et à mesure évidemment mais cela semblait satisfaire cette personne qui shootait les vols au décollage ! Je m’arrête un peu plus loin et décide d’aller taper la causette à son collègue resté près de la voiture (une petite peugeot rouge style 106 ou 206, immatriculée dans le 54). J’y suis resté très peu vu les propos « je m’en foutiste » qu’il m’a tenus. Le pire est qu’il m’a dit que son collègue était de la LPO !!! C’est vraiment un comportement irresponsable.

La Grue cendrée, faut-il le rappeler, est une espèce protégée et donc, des dérangements volontaires, même sur des zones de gagnage, sont passibles d’amende. Vu l’augmentation de ces dérangements, je me demande s’il ne faudra pas en arriver là. Bref, c’était le coup de gueule du jour.

Bonnes obs à tous quand même !

Je suis ulcéré par ce genre de personnage qui, pour une photo, n’hésite pas à provoquer sciemment des dérangements, dans l’irrespect total de la tranquillité des animaux d’une part, mais aussi à l’opposé des règles de conduite que se doit de suivre tout photographe un tant soit peu naturaliste.

La réputation des photographes de nature n’a pas à supporter la bêtise d’une minorité !!!

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L'auteur : Cédric G.

Auteur photographe animalier, informaticien et passionné d'animaux et de nature. Administrateur du blog Aube Nature

10 réponses sur [Humeur] Quand les photographes abusent…

  1. Fred a écrit

    Salut,

    Tout à fait d’accord avec toi!!

    Sur un secteur des Vosges que je ne citerai pas… on peut croiser une foultitude de ce genre de photographe près à "courir" derrière des chamois pour un cliché… Depuis quelques mois, c’est devenu la folie pour les bestioles!!! J’angoisse dèjà pour le rut de cet hiver!!!

    Bonnes obs… la nature est encore plus belle quand on sait la surprendre sans la déranger et… bonnes photos

  2. romu a écrit

    Tout a fait d’accord, et en plus de cela les photographes vont encore passer pour des gens irrespectueux de la nature, des prés a tout pour un cliché a cause de quelques c… , que l’on pourrait plus facilement classer dans la catégorie des paparazzis que des naturalistes.

  3. Marin a écrit

    Pourquoi les photographes seraient-ils épargné par la bétise humaine ?
    D’aprés les publicités, il suffit d’acheter pour être photographe: pas besoin de se poser des questions de réglages…et encore moins d’éthique. Tant que la profession ne fera un travail éducatif de grande échelle pour expliquer ce qui fait la valeur d’une photo ( lumiere, composition, ect), le secteur sera en crise. Le grand public ne fait pas la différence entre une photo et une image prise avec un téléphone, pourquoi voulez vous qu’ils se soucient de la maniére dont sont prises les photos ? Et je ne parle pas même pas de l’exemple des photo-journaleux que l’on peut voir au journal TV se bousculant au point d’étoufer leur sujet pour rammener un peu de viande à imprimer.
    Le seul fait rassurant est que cela sera, surement, un phénoméne de mode et que lorsqu’ils auront compris qu’il faut se lever aux aurores pour faire dans la qualité, ils se jeteront sur les insectes ou le foot en espérant photographier une blessure.
    Encore faut-il des concours de qualité pour les décourager: dans mon milieu la merde à tout envahie même les concours 🙁 j’espere que les gens vont se lasser de "photographier" n’importe quoi, n’importe comment.

  4. Nicolas a écrit

    Bonsoir,
    Posez-vous des questions quand vous voyez un animal filmé du ciel à la télé. Un ours blanc, par exemple, risque une crise cardiaque si un hélico le serre trop. Je tiens cette info d’un pilote de mongolfière, à qui on interdit de survoler trop bas les fermes pour ne pas paniquer les animaux . Qui se soucie de ce genre de truc en voyant les belles images de bestioles courant sur la banquise ou dans la savane ? Peu de gens en vérité.
    La photo nature est à la mode. Donc, elle attire aussi les tocards.
    IL y a aussi beaucoup de gens qui dérangent les oiseaux par méconnaissance, sans intention de nuire. Ils ignorent les distances de sécurité, les abandons de nids…. Encore du taf pour la LPO…

  5. Cédric Girard a écrit

    Effectivement…

    D’ailleurs, mêmes certains "grands noms" de la photo animalière usent de stratagèmes que beaucoup d’amateurs s’interdisent pour faire certaines photos !!! Je ne citerai pas de noms ni de personnes mais ça me laisse parfois pantois !

    Personnellement, sur certains sujets je pense que certains parcs animaliers (de qualité), s’ils ne sont pas photographiquement "éthiques" (il faut tout simplement être honnête avec soi-même, voir mes photos marquées <c> sur mon site, qui sont réalisées en captivité !) ont au moins l’énorme avantage de ne pas provoquer de dérangements sur la faune sauvage !!!

    J’ai moi aussi fait quelques erreurs à mes débuts, désormais je préfère apprendre avec des connaisseurs sur les sujets difficiles, que de faire des âneries 😉

  6. Marin a écrit

    Pour qu’il n’y ai pas de malhentendu: en parlant "éthique" je pensais plus tot, au photographe qui pour faire une photo de criquet détruira 10 m² de prairie, ou, au photo-journaleux qui enverra certaines photos plus que d’autre parce qu’elles seront plus "vendeuses", sans se soucier des conséquences sur le sujet ou sa famille. L’éthique est là, pour moi: la photographie n’est pas un acte gratuit, sans conséquence, sans but. Elle doit témoigner d’une vision, avoir un sens qu’elle soit pour ou contre son sujet.
    Bien sur, nous faisont, tous, des erreurs, mais la différence fondamentale est que nous nous en soucions.

    Je parlais donc au sens large, sans la moindre référence à toi Cédric. 😉

  7. Cédric Girard a écrit

    J’avais bien compris 😉

    Je pense qu’il faut bien faire le distinguo entre l’erreur dûe à une méconnaissance du sujet, et l’acte délibéré pour faire "la" photo. Et c’est valable dans tous les domaines !

  8. Nicolas a écrit

    Moi non plus je ne parlais pas de Cédric 🙂
    J’ai commis des bourdes moi aussi en me baladant et en observant. Ma soeur, diplômée de biologie, m’a remonté les bretelles 🙂

    Il se trouve que la presse est un milieu très dur économiquement et humainement, j’ai été journaliste donc je connais un peu. Il faut rapporter des images vendeuses (ou supposées telles). La course au fric incite aux dérapages. Tout ça en opposition avec l’éthique chasse photo et les humeurs animales qui n’ont que faire de cette logique "productiviste". Il semble que des magazines comme Terre Sauvage essaient d’appliquer une certaine morale écolo… mais ce n’est pas le cas de tous…

  9. Rémy a écrit

    Cela me fait penser à un photographe croisé sur l’île du Frioul (Marseille) qui voulait absolument s’approcher au plus près possible de nids de Goëlands.

    Et bien, je suis sûr qu’il doit encore s’en rappeller ! C’est que les Goëlands ne plaisantent pas eux (lol)… je le vois encore courrir dans les rochers…

  10. Nicolas a écrit

    Bonsoir

    A propos d’éthique, le dernier Terre sauvage parle du brame du cerf en Sologne. Le photographe du magazine raconte comment il a été obligé de déplacer un affût.
    Le succès du brame est tel que les gens viennent en troupeau, claquant portières et autoradio à fond dans un chemin près du site de brame, se foutant des animaux qu’ils viennent observer.
    Du coup les plus beaux cerfs s’en vont, les biches sont fécondées à la sauvette, en sous-bois, par des specimens n’ayant pas gagné de combat. 🙁
    Et le pauvre photographe naturaliste n’a plus rien à se mettre sous la dent…

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