[Photoshop] Calques, part I : hiérarchie et style de calque

21/01/2007 5 commentaires par Cédric G. +

La gestion des calques (layer en anglais) sous Photoshop est une fonctionnalité dont de nombreux photographes ne pourraient plus se passer de nos jours. Outre la flexibilité apportée pour les réglages et les masquages (qui ne feront pas l’objet de ce billet), les calques apportent des fonctionnalités vectorielles pour la disposition des éléments sur une création graphique de part leur hiérarchisation, avec en sus la possibilité de leur apposer des styles (ou options de fusion) pour la gestion d’un certain nombre d’effets visuels, d’ailleurs parfois très intéressants pour le photographe !


Une organisation hiérarchique

Les calques sous Photoshop sont gérés de manière similaire à celle que l’on pourrait avoir avec des feuilles transparentes sur une table à dessin : chaque « couche » peut comporter un ou plusieurs éléments graphiques de toute nature (image bitmap, objet vectoriel, texte, forme…), qu’il est possible de bouger, d’organiser en profondeur, de masquer ou de fusionner !

Hiérarchie des calques sous Photoshop

La palette « Calques » (que l’on affiche ou masque avec F7) se divise en 5 zones :
– les calques et groupes de calques
– les modes de fusion de calque (ou groupes de calques)
– le réglage de l’opacité du calque/groupe de calque en cours
– les options de verrouillage du calque/groupe de calque en cours
– les actions propres aux calques (liaison, réglage, masquage…)

Fenêtre calques Photoshop

Les calques et groupes de calques (qui permettent de regrouper des calques par intérêt et d’en contrôler par exemple la disposition, l’opacité ou la « profondeur » dans la hiérarchie) sont organisés verticalement, le calque d’arrière-plan étant toujours le plus « bas » dans la hiérarchie (donc toujours derrière les autres visuellement). On peut en modifier la hiérarchie en les faisant glisser à la souris ou les classer par groupes (en cliquant sur le bouton « Créer un groupe » dans la zone d’actions tout en bas de la palette calques, représenté par un petit dossier)

Mariée à la notion d’opacité (propre à chaque calque et applicable de surcroît par groupe de calques), cette hiérarchie permet d’obtenir des effets visuels bien sympathiques et des organisations complexes d’images au sein d’une même création.

Indicateurs, regroupements et liaisons

La palette « Calques » offre un certain nombre d’indicateurs visuels et d’outils permettant de gérer les calques de manière optimale : indicateurs de visibilité (car on peut masquer ou afficher à volonter un calque ou un groupe de calques), liaisons entre calques (pratique par exemple pour les déplacements dans la composition graphique sans modifier la position relative des éléments des calques liés), affichage des styles de calques, afficahge des groupes…

Indicateurs de la palette des calques

Le regroupement de calques se fait de manière très simple : il suffit de créer sur le bouton « Nouveau groupe », puis de faire glisser à la souris les calques que l’on veut y faire figurer. Les groupes de calques permettent de travailler par domaines, et d’aérer la lisibilité de la palette calque sur les grosses compositions en comportant un certain nombre. L’autre intérêt réside dans le fait que l’on peut manipuler les groupes (déplacement, visibilité, ordre dans la hiérarchie…) comme des calques uniques mais en conservant la possibilité d’en modifier le contenu 😉 .

Boutons de la palette Calques

Photoshop offre la possibilité de fusionner des calques pour n’en former qu’un seul (dont le contenu ne sera plus modifiable que dans son ensemble, bien évidemment ! Un peu comme le serait un groupe de calques mais dont on ne pourrait plus modifier le contenu) : pour cela, il suffit de sélectionner les calques à fusionner et d’appuyer sur CTRL+E (on peut aussi passer par le menu spécifique de la palette Calques et sélectionner « Fusionner les calques »…)

Quel est l’avantage à cela, plutôt qu’utiliser un groupe de calque ? La réponse réside dans la taille du fichier résultant et la place occupée en mémoire par la création graphique : en effet, Photoshop alloue de manière proportionnelle la mémoire par rapport au nombre de calques ! Ainsi, une composition comportant un grand nombre de calques atteindra une taille d’autant plus importante en mémoire (et sur le disque !), ce qui peut engendrer une perte de performances sensiblement significative sur les PC/Mac « légers » en mémoire ! D’où l’intérêt de la fusion de calques lorsqu’on a fini de travailler sur la partie concernée par ces derniers 😉

Je n’aborderai pas ici les calques de réglages/remplissage et les calques de masquage, ils feront l’objet d’un futur tutorial. Plutôt qu’un long discours, voici un petit exemple visuel de ce que l’on peut voir à propos de ces calques très spéciaux dans la palette Calques :

Dans cet exemple, j’ai créé un groupe de calques « Groupe 1 » qui regroupe un calque de réglage de niveaux (« Niveau 1 »), appliqué sur le calque contenant ma photo de chaton (appelé « Calque 1 ») qui est dans le même groupe, et un dernier calque de texte appelé « Chaton » (à leur création les calques de texte portent le nom de leur contenu).

Le calque de réglage est toujours marié à un calque de masquage (appelé masque de fusion) qui permet – comme je l’ai fait ici à titre de démo, la tâche non corrigée au niveau de la tête – d’éventuellement délimiter la zone où le réglage s’applique (par définition, les masques de fusion sont noirs où l’image est masquée, et blancs où elle est affichée intégralement, avec bien évidemment les variantes d’opacité que l’on imagine entre les deux !) ; sur le calque de la photo, j’ai appliqué un masque de fusion spécifique donnant cet effet « crayonné » aux limites de la photo.

De la même manière, la liaison entre calques est indiquée de manière visuelle (mais uniquement lorsqu’un des calques liés est sélectionné ! Ceci pour ne pas alourdir la lecture de la palette Calques…)

Pour lier deux calques (même issus de groupes différents) il suffit de les sélectionner dans la palette Calques (on peut cliquer dessus en appuyant simultanément sur CTRL), puis de cliquer sur le bouton en bas à gauche de la palette « Lier les calques ». Idem pour les « délier » !

Manipuler le contenu des calques

La gestion des calques ne serait pas très utile si l’on ne pouvait en manipuler le contenu : déplacements et alignements, homothéties, déformations, rotation… Pour cela, plusieurs outils sont mis à disposition dans Photoshop.

Accès à l'outil Déplacement dans la palette d'outils Photoshop

L’outil Déplacement (que l’on active avec la touche V en par le biais de la palette d’outils) permet comme son nom l’indique… de déplacer le contenu du ou des calque(s) actif(s), soit à la souris, soit au clavier avec les touches de direction.

Diverses options sont disponibles avec cet outil, par le biais de la barre d’options qui est liée (sous le menu de Photoshop) :

  • la sélection auto des calques au clic de souris (je n’utilise personnellement jamais cette option, que je juge peu pratique quand on travaille avec de nombreux calques)
  • l’activation automatique de l’outil de transformation lorsqu’un calque est sélectionné (quand cette option n’est pas activée on ne peut pas redimensionner l’objet à la souris directement, il faut activer l’outil de transformation spécifiquement par CTRL+T après avoir sélectionné le calque) : je n’utilise pas non plus cette option par défaut car il est trop « facile » de modifier un objet sans s’en apercevoir lorsqu’on utilise la souris !
  • Les options d’alignement de calques (très utiles !!! Voir plus bas comment les utiliser)

Barre d'outils des options de déplacement

Les possibilités offertes par l’outil transformation (activé avec CTRL+T) sont assez complètes : modification de la taille hauteur/largeur (on peut maintenir la touche MAJ enfoncée pour préserver les proportion de l’objet modifié), rotation, déformation libre… L’utilisation de valeurs précises depuis la barre d’options sous le menu permettant de donner des valeurs fines à vos modifications :

Exemple d'utilisation de la barre d'options de transformation
Menu contextuel des transformations possibles

Il est par ailleurs possible d’appliquer des transformations plus complexes (lorsque l’outil de transformation est en cours d’utilisation), en faisant un clic de droite sur la sélection dans la composition graphique ; un menu contextuel spécifique apparaît, permettant de sélectionner un certain nombre de « types » de transformations : homothétie, perspective, etc… (je vous invite à essayer chaque possibilité !)

Une fois la transformation voulue définie, il suffit de valider.

Utiliser les styles de calques

L’utilisation des styles de calques permet d’appliquer aux objets un certain nombre d’effets visuels basés sur les contours : ombre portée, halo lumineux, effet de couleur ou de remplissage, etc (je n’aborderai pas l’utilisation des styles prédéfinis que je trouve personnellement assez « kitsch » !…) L’accès aux styles de calques se fait depuis la palette Calques en cliquant sur le bouton « Style de calque » :

Accès aux styles de calque depuis la palette calque

Ceci affiche un menu contextuel, où l’on peut soit accéder aux options de fusion (premier choix : ouvre la fenêtre sans accès particulier à tel ou tel style), soit accéder directement au style visuel que l’on veut appliquer (ombre portée, lueur interne ou externe, etc…)

Menu des styles

Les options de fusion (ou styles de calques) sont regroupés dans une unique interface, et il est d’ailleurs possible d’appliquer plusieurs styles en même temps sur un même calque (on peut ainsi par exemple créer un biseau et appliquer une ombre portée à une image) :

Fenêtre des styles de calque

Je ne peux passer en revue tous les styles possibles applicables et vous invite à expérimenter chaque effet (l’apprentissage est simple car visuel !), voici une courte revue des effets possibles :

  • Ombre portée : utile bien évidemment pour appliquer des effets d’ombre portée, que ce soit sur du texte ou des images entrelacées – je conseille un angle de 135° car il est d’usage que l’ombre porte en bas à droite ; pour l’opacité, généralement 40 à 50% suffisent, les dimensions du halo ne devant si possible pas dépasser celles du décalage de l’ombre. Existe en « ombre interne », une variante où l’ombre portée est DANS la partie visible du calque (utile pour donner certains effets de découpage en mariant plusieurs calques…)
  • Lueur externe : fonctionne sur le même principe que l’ombre portée au détail qu’il n’y a pas de décalage possible de l’effet (en réalité, le style « Ombre portée » est un style « Lueur externe » avec un décalage par rapport à l’objet !). Deux utilisation possibles, soit pour créer un halo lumineux doux autour d’un objet, soit pour créer (en utilisant très peu de flou) un démarquage autour d’un texte, par exemple, de manière à rendre ce dernier plus lisible. De la même manière que l’ombre, existe en version « interne ».
  • Biseautage/estampage : permettent de créer des effets de reliefs sur les contours de la partie visible des calques. Pour donner un aspect 3D à un texte par exemple (dans une certain limite bien entendu…)
  • Satin : permet de donner un effet « satiné », comme si le contenu du calque était imprimé sur une feuille avec des reflets satinés (agit sur la luminosité du contenu)
  • Incrustation couleur/en dégradé/de motif : ces trois styles particuliers permettent de « remplacer » le contenu visible du calque respectivement par une couleur, un dégradé de couleur ou un motif répétitif. L’utilité de ce genre de style est plus axée en création graphique pure et d’une utilité limitée dans les montages photographiques…
  • Contour : même utilisation que la lueur externe mais à très faible dimension (1 pixel généralement) pour délimiter un objet par-dessus d’autres (un texte par exemple)

Exemple : créer une mosaïque d’images avec ombrages

Une utilisation pratique des calques avec transformations et styles est la création d’une « mosaïque » d’images, tel que je l’avais mis en ligne sur ce blog lors de ma rétrospective 2006. Pour créer ce type de composition, voici ce qu’il faut faire :

Étape 1 : définir les dimensions de sa création, et choisir et préparer ses images en conséquence

Plus simplement, cette première étape préparatoire consiste d’abord à choisir les dimensions de sa création graphique et à créer un nouveau document en allant dans le menu Fichier / Nouveau (je créerai ici une composition de 460×900 pixels : pourquoi 460 pixels ? Parce que c’est la largeur de la zone d’affichage de mon blog, tout simplement !)

Créer une nouvelle compositioni

Ensuite, je choisis les images que je vais incorporer dans ma composition. Je décide de travailler sur ma dernière sortie en forêt et sélectionne 5 images. Je ne reviendrai pas sur les manipulations à faire sur ces images, sachez seulement que je les réduis AVANT importation dans ma composition à une taille correct (ici 300×200 pixels ou 200×300 pixels, selon l’orientation « paysage » ou « portrait ») et qu’elles sont légèrement accentuées. J’ouvre donc mes 5 images dans Photoshop, parallèlement à ma composition graphique.

Ouverture des fichiers à incorporer, à la bonne taille bien entendu

Attention toutefois : en cas de création de grande taille (à destination de l’impression en grand format par exemple), il est bien évident qu’il faudra ouvrir les images à incorporer les unes après les autres. En effet, vous risquez de vite saturer la mémoire et de ralentir considérablement votre machine si elle n’est pas optimisée pour cela (2 Go de RAM conseillés en pratique !) 😉

Étape 2 : incorporer la première image dans la composition

Cette opération se fait très simplement : il suffit d’activer l’image que vous désirez inclure dans votre composition, de tout sélectionner (en appuyant sur CTRL+A ou en allant dans le menu Sélection / Tout sélectionner) puis de copier ceci en mémoire (menu Édition / Copier ou CTRL+C)

Ensuite, activer la composition, puis coller l’image… tout simplement (menu Édition / coller ou CTRL+V). Comme par « magie », votre image est automatiquement incluse dans un nouveau calque 😉

Copie de l'image dans la composition

>>> À partir d’ici, l’étape 2 est à répéter autant de fois que vous avez d’images !

Il est possible que lors de la copie, Photoshop vous indique que votre image n’est pas située dans le même espace colorimétrique que votre composition (par exemple si par défaut Photoshop travaille en Adobe RVB, votre composition sera créée dans cet espace colorimétrique ; si vous collez une image qui elle, est en sRVB, le message s’affichera !). Choisissez « Convertir » et validez !

Après cette seconde étape consistant à copier toutes les images dans votre composition, reste le travail de répartition et de mise en forme !

Étape 3 : Répartition des images

Ici, rien de plus simple ! Il suffit de sélectionner le calque contenant l’image que vous désirez déplacer/bouger, et d’utiliser l’outil « Déplacement » que nous avons vu au début de ce tutoriel (activable par la touche V) en manipulant les images à la souris. Vous pouvez ordonner les images à partir de la palette Calques, de manière à ce que celle située le plus en haut de la composition, soit au-dessus des autres (pour cela, faire glisser le calque en haut de la hiérarchie de calques).

Répartir les images dans la composition et les hiérarchiser !

À cette étape, pour chaque image vous pouvez bien évidemment la faire tourner dans un sens ou l’autre, grâce à l’outil de transformation (activé par CTRL+T) !

Transformer les calques selon vos goûts

Étape 4 : placer une ombre portée aux images

Cette étape passe bien évidemment par l’utilisation des styles de calques : sélectionner la première image, puis ajouter un style « Ombre portée » (en cliquant sur le bouton « Style de calque » de la palette Calques) ; au niveau des paramètres, je préconise ceux-ci pour une utilisation en format web :

Paramètres pour l'ombre portée

Valider, votre calque comporte désormais une belle ombre portée ! À partir de là, j’aurais pu vous dire : « il suffit maintenant de refaire cette opération pour tous les autres calques ! ». Mais non 😉

Une des particularités des styles de calques est que l’on peut en dupliquer les paramètres d’un calque à l’autre, ou mieux à un ensemble de calques ! Pour cela, faire un clic de droite sur le calque où vous venez d’apposer l’ombre portée, puis cliquer (dans le menu contextuel) sur « copier le style de calque ».

Copier le style du calque ombré

Ensuite, dans la palette Calques, sélectionner tous les autres calques (en utilisant la touche CTRL et en cliquant simplement sur les calques à sélectionner). Enfin, refaites un clic de droite (sur l’un des calques sélectionnés), puis dans le menu contextuel, choisissez cette fois : « Coller le style de calque ».

Coller le style de calque aux autres calques

Magique ! Tous les calques se sont vu affubler la même ombre portée ! Voilà, notre composition est terminée, il suffit alors d’applatir l’image (via le menu Calque / Aplatir l’image, ou – dans le cas présent cela revient au même – de fusionner les calques visibles, en appuyant simultanément sur MAJUSCULE+CTRL+E) et de sauvegarder l’image résultante !

La composition finale !
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L'auteur : Cédric G.

Auteur photographe animalier, informaticien et passionné d'animaux et de nature. Administrateur du blog Aube Nature

5 réponses sur [Photoshop] Calques, part I : hiérarchie et style de calque

  1. sareum a écrit

    Joli, j’ai pas tout lu mais ca m’a l’air un bon recap de l’utilisation des calques dans toshop…
    Merci pour le lien depuis le PassionPhoto 🙂

  2. Turbo a écrit

    Bon tuto ! Serait-il possible de faire un tuto qui explique comment superposer deux photos et faire apparaître par transparence une partie de l’image du dessous ?

  3. Sian a écrit

    Salut,

    Je passe du tps sur t tutos, ils sont géniaux, ils me rendent vraiment service, je voudrais te remercier du fond du coeur. Tes photos sont très belles, tout ce que j’ai lu sur ce site me bluff totally, c génial.
    Merci merci beaucoup.

  4. LittlePearl a écrit

    Merci beaucoup, j’ai tout suivi à la lettre et le résultat est parfait 😀
    Bravo.

  5. mehdi a écrit

    ce qui m’intrigue c’est que dans les images du tuto,les calques apparaissent tous l’un sur l’autre,regroupés dans la palettes des calques. Chez moi,quand j’importe une image,elle apparaît toute seule dans un autre calque avec sa propre palette de calques. Comment faire pour regrouper toutes les images (ou plusieurs) dans la même palette?(j’utilise Photoshop 6′)

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