[Pratique] Photographier les chats en exposition féline

31/03/2008 11 commentaires par Cédric G. +

Une semaine de plus sans photo de terrain… mais avec un week-end bien chargé en exposition féline ! Le travail d’élevage de chats de races nous oblige régulièrement à nous rendre dans ces concours de beauté, pour le plus grand bonheur des amoureux des chats. Pour changer un peu, voici un très joli chaton maine coon black silver tabby, qui a obtenu le Best of Best poils mi-longs (meilleur chat dans la catégorie des poils mi-longs) ; j’aurais pu vous poster une photo de Between, qui elle a remporté une catégorie Poils courts très disputée ^_^ mais un poilu sera préférable pour cette fois !

TABLE DES MATIÈRES : Photographier les chats en exposition féline
Chaton black silver tabby
Chaton black silver tabby
Canon EOS 5D + Canon 70-200/2.8 L IS USM à 95mm,
f/4.0, 1/250ème à 400 ISO

Voici quelques conseils pour réussir vos photographies en exposition féline ;-)

Technique photographique : les bases

Réaliser des photographies en exposition féline ne demande pas de grandes compétences, mais requiert certaines bases simples au niveau de la prise de vue :

  • toujours se placer à hauteur des sujets (règle récurrente lorsque l’on photographie des chats)
  • éviter l’utilisation du flash (tout du moins en direct), sinon yeux flashy garantis !
  • utiliser de grandes ouvertures pour isoler ses sujets
  • privilégier les portraits

À mes yeux l’objectif idéal reste un 70-200mm lumineux et stabilisé (idéalement un 70-200/2.8), même si l’utilisation de focales fixes comme le 85/1.8 ou le 135/2 (ou équivalents) pourra s’avérer fort agréable… en faisant attention à la distance minimale de mise au point pour les portraits : une tête de chat n’est pas bien grosse ! Je préfère aussi les focales moyennes à longues, qui permettent de préserver l’intimité des exposants tout en permettant d’isoler ses sujets de manière efficace.

De manière générale les halls d’exposition ne sont jamais trop fournis en lumière, il n’est donc pas rare de travailler à f/4.0 ou mieux et à des sensibilités allant de 400 à 1600 ISO (dans les cas les plus difficiles) ; parfois les salles offrent de grandes baies vitrées qui procurent un éclairage naturel bien sympathique mais ce n’est malheureusement pas une généralité. Dans certains halls, il sera possible d’utiliser un flash cobra en indirect au plafond (d’expérience en poussant la puissance, on peut parfaitement utiliser un plafond blanc, même situé à 6/7 mètres du sol, pour éclairer de manière très homogène nos sujets ; cela vaut toujours mieux qu’un coup de flash de face qui inévitablement, rendra la photographie inutilisable à cause de la structure des yeux de nos félins préférés)

Persan chinchilla
Photo de persan chinchilla réalisée en exposition féline : l’utilisation d’un 150mm macro utilisé à grande ouverture a permis d’isoler le chat de son environnement

Comme toujours sur un chat, la mise au point se fera sur les yeux. Un chat est d’abord un regard, il est normal de mettre en avant ce que l’on voit surtout de lui !

Capter l’attention du chat

Sur ce point, il n’existe pas de méthodes miracles. Les propriétaires, généralement très ouverts, ne rechigneront pas à user de leur plumeau (jouet à chat) pour attirer le regard du félin. Malheureusement, beaucoup aiment faire regarder les chats en l’air, ce qui photographiquement parlant n’est pas l’idéal ^_^. Au passage, je signale qu’il est interdit de toucher les animaux ! Un moyen simple consiste (lorsque l’on est relativement prêt du chat) à déclencher une première fois, ce qui va très généralement susciter de la curiosité chez le félin visé : très vite, il va vous fixer, déclencher alors pour la « bonne » photo ;-) (technique très fonctionnelle mais qui nécessite de faire ensuite le ménage sur sa carte mémoire…)

Chaton British Shorthair
Chaton british shorthair photographié après en avoir captivé l’attention avec un déclenchement « factice »

J’utilise pour ma part une « astuce » consistant à émettre un son très aigü en pinçant les lèvres et en soufflant, ou en faisant passer de l’air entre mes dents (« imitation de la souris » si vous préférez !) : très efficace, seul le chat vous repèrera dans le brouhaha général, mais son attention ne sera acquise qu’un court instant : profitez-en !

Sortir du cliché habituel

De manière générale, les possibilités de photographies en exposition féline demeurent fortement limitées : portraits serrés, podiums… On peut néanmoins varier les plaisirs en axant son approche photographique à la manière d’un reportage en bonne et dûe forme : vues d’ensemble au grand angle, isolation d’un sujet au téléobjectif, comportement singulier de chaton, complicité entre un chat et son maître : à vous d’imaginer les scènes les plus improbables !

Pavillon Baltard, la plus grande exposition féline de France
Vue d’ensemble de l’exposition de Baltard à Paris
L’utilisation d’un ultra-grand-angle (ici un Canon EF-S 10-22mm sur EOS 20D) est obligatoire !
La nomination des meilleurs chats sur le podium
La remise des prix (ce que l’on appelle les Bests) sur le podium peut donner lieu à des prises de vue d’ambiance assez sympa, se placer sur les côtés de la scène s’avèrera judicieux.

Par contre, éviter absolument de photographier les chats dans leurs cages (même à faces en plexiglas) !!! Attendez que les chats soient sortis de leur cage par leurs maîtres pour passer en jugement ou pour un câlin ;-)


Exemple de photo de cage d’exposition : bien peu esthétique !

L’idéal est de fûreter dans l’exposition aux alentours des tables de jugement (attention, dans certaines expositions comme Baltard, il faut être exposant pour pouvoir y accéder !) pour saisir quelques instants de complicité entre chat et humain.

Chaton endormi dans les bras de son maître
Si quelques chats éprouvent un certain stress dans les expositions félines, beaucoup sont habitués à y aller !
Maine coon dans les bras de sa maîtresse
La présence d’éclairage naturel permettra parfois de jouer avec la lumière…

Conclusion

Très brièvement, un petit résumé des quelques conseils pour réaliser vos photos en exposition féline :

  • utiliser un objectif lumineux de moyenne/longue focale (idéalement un 70-200mm ouvrant à f/2.8) ; le stabilisateur optique sera un plus
  • se placer à hauteur de vos sujets
  • faire la mise au point sur les yeux après avoir capté le regard du chat
  • ne pas utiliser de flash, en tout cas directement sur les chats
  • travailler à distance en moyenne/longue focale pour ne pas déranger les exposants et mieux isoler vos sujets
  • privilégier les portraits serrés si vous recherchez d’abord des photos de chats « informelles », ou adopter une approche « reportage »
Chat norvégien
Jeune chatte des forêts norvégiennes

En espérant que cela soit utile à tous ceux qui aiment les chats !

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L'auteur : Cédric G.

Auteur photographe animalier, informaticien et passionné d'animaux et de nature. Administrateur du blog Aube Nature

11 réponses sur [Pratique] Photographier les chats en exposition féline

  1. strati02 a écrit

    merci pour tout ces renseignements je m’en vais de ce pas l’essayer sur mes siamois, pepette, caly, cocotte et kiki (leurs vrais noms sont trop longt et compliqués)toutes blagues mises à part aller sur une expos me tente depuis quelques temps d’autant plus que connaissant une eleveuse, j’aurais plus de facilité pour prendre des photos.Sinon vous travaillez priorité ouverture pour isoler ou non les chats ?

  2. Cédric Girard a écrit

    Effectivement, je travaille pour ainsi dire à 99% en priorité ouverture (il n’y a que lorsque j’utilise le flash que je suis en mode manuel… et dans de très rares cas, en mode priorité vitesse !)

  3. strati02 a écrit

    bonjour , merci pour vos réponces toujours tres rapides. serait-il possible de rajouter les exifs sur vos photos du site. je sais je suis embettant ( pour ne pas dire autre chose) mais les exifs sont très parlant et pour une fois qu’un pros livre chez secrets autant en profiter à fond. merci
    philippe

  4. strati02 a écrit

    je viens tout juste d’essayer avec mes chats, ce n’est pas si evident que cela quand il y en a plusieurs sur une seule image. il faudrat que je retravaille sur la profondeur de champs. mais par contre il y a de tres belles scenes à surprendre pour qui sait regarder.
    philippe

  5. Cédric Girard a écrit

    Si cela peut vous rassurer, mon taux d’échec en photo "féline" est de l’ordre de 95% ;-)

    (mais je suis assez exigeant !)

  6. Charlotte PRENANT a écrit

    Bonsoir,

    Tout d’abord très beau site. Je suis tombée dessus par hasard mais je ne le regrette pas. De plus, les techniques que vous présentez là semble relativement simples et pourtant très efficaces!!! Dans votre article, vous parlez un moment du pavillon Baltard… Et j’avoue que la curiosité me prends!! Avez vous participez à la session 2012 qui vient juste de passer?? Etant une grosse amoureuse des chats j’ai été y faire un tour, et j’ai vraiment pas été déçue!!

    • Cédric G. a écrit

      Bonsoir Charlotte

      Malheureusement je n’étais pas présent à cette édition 2012 ; pour tout vous avouer je n’y suis aller qu’une fois, étant allergique aux grandes villes… et qui plus est à Paris !!!

      Baltard reste la plus grande exposition féline de France à ce jour, et il est clair qu’on y croise de petites merveilles :-)

      Ceci est à mettre en comparaison avec ce qui se passe dans les pays nordiques, où les expos avec plus de 500 chats sont monnaie courante…

  7. Charlotte PRENANT a écrit

    Ah c’est bien dommage!! Mais il est certain qu’à choisir entre les grandes villes et la banlieue ou les campagnes… il n’y a pas photos!! Malheureusement pour ma part, je vis en pleine ville.

    C’est certains, pour les pays nordiques. Et ça doit être tout autant spectaculaire.
    En tout cas, je vous encourage sérieusement à continuer vos articles sur nomdechat.com . C’est un site extraordinaire et j’ai rapidement été séduite par les articles aussi intéressants les uns que les autres, d’autant plus au niveau de la génétique. C’est un domaine qui me passionne, alors combiné avec le monde félin, n’en parlons pas.

    Très bonne continuation.

  8. Yohan a écrit

    En ce qui me concerne, je n’arrive à photographier ma chatte qu’en déclenchant une série en mode rafale.
    La première photo pour attirer son attention, les quatre autres en espérant qu’il y en ait une qui soit potable (même si elle a tendance à fermer les yeux sur pas mal d’entre elles).

    Comme tu l’as dis, cela oblige à faire de la place sur sa carte mémoire après un tel traitement de faveur.

    En tout cas, avec elle, la technique du jouet à agiter ne marche pas avec elle (enfin, elle marche peut-être maintenant qu’elle est un peu moins jeune) car elle se met immédiatement en mouvement pour venir le récupérer.

  9. Pascal Barreyre a écrit

    Bravo pour vos explications. Cela sent le vécu. Je fais moi-même beaucoup d’exposition féline et je confirme tout vos propos sur la prise de clichés en expo. Cependant je me permets d’ajouter une observation. Il est préférable de se renseigner auprès des éleveurs sur la race présentée. En effet par exemple pour un portrait de Persan, on recherchera plus un 3/4 face pour mettre en valeur la morphologie du visage. Alors que pour un Abyssin ou un Siamois on tentera de privilégié une photo de face afin cette fois de mettre en valeur l’aspect cunéiforme du visage.

    • Cédric G. a écrit

      Bonjour

      Merci pour cette remarque judicieuse (dont je fais état dans mon livre d’ailleurs :-) car c’est autant valable pour les chats que les chiens !)

      Effectivement, la connaissance des standards de races est un énorme plus pour le photographe, qui pourra mettre en exergue les particularités de chaque chat, ses points forts, voire « masquer » (un peu) les éventuels défauts dont il pourrait faire l’objet…

      J’ai l’avantage d’avoir fait 12 ans d’élevage (maine coons et sphynx) mais il est vrai que tout le monde ne connait pas forcément bien les standards des principales races (même les juges ^_^ ) et le mieux est donc de demander aux éleveurs, le cas échéant !

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